L'essentiel
- La coiffe, ce sont quatre muscles qui plaquent la tête humérale dans la glène ; « douleur d'épaule liée à la coiffe » est le terme parapluie qui regroupe conflit sous-acromial, tendinopathie, bursite et ruptures partielles, et qui reconnaît qu'on ne connaît pas la cause exacte de la douleur La Rose 2026Requejo-Salinas 2022.
- C'est la première cause de douleur d'épaule Lazzarini 2025, 44 à 65 % des plaintes d'épaule ; les gestes répétés en hauteur, l'âge, le tabac et le mauvais sommeil augmentent le risque Creech 2026.
- Reconnaître : début insidieux, douleur aux gestes au-dessus de la tête et la nuit, amplitude active limitée mais amplitude passive conservée ; si l'amplitude passive est perdue, penser capsulite ou arthrose Varacallo 2026Sidhar 2024.
- Alerte : des symptômes neurologiques ou une douleur qui irradie loin imposent d'examiner le cou Tapscott 2026 ; une faiblesse franche fait craindre une rupture, que confirment surtout les lag signs en rotation externe à 90° (DOR 12,70) et en rotation interne (DOR 7,03) Zhao 2024.
- Les tests de conflit (Hawkins, Neer) sont sensibles mais peu spécifiques Sidhar 2024 ; aucun test spécial n'a fait consensus, et le signe le plus indicatif reste la douleur en abduction et rotation externe résistées Requejo-Salinas 2022.
- Traiter : l'exercice est la première ligne et la plupart des autres interventions ne font pas mieux, certitude très faible Lazzarini 2026 ; la chirurgie de décompression n'apporte rien de cliniquement significatif de plus Creech 2026.
- Les exercices spécifiques font un peu mieux qu'un exercice général, mais le meilleur type n'est pas tranché entre les sources Wu 2025Lafrance 2024Zhang 2025.
- Corticoïdes : soulagement transitoire de quelques semaines, pas plus efficaces que la kinésithérapie à moyen et long terme Lazzarini 2025 ; ondes de choc : grand effet chiffré mais hétérogénéité très élevée Xue 2024.
- Dose : charge externe plutôt que poids du corps, moins d'une séance par jour, 3 séries de 15 le plus souvent Pavlova 2023 ; 3 séances par semaine pendant 4 à 12 semaines dans les essais Zhong 2024 ; au moins 12 semaines avant de juger le résultat, l'imagerie n'étant demandée qu'en cas de drapeau rouge, de traumatisme ou d'échec à 3 mois Requejo-Salinas 2022.
- Suivre avec SPADI, WORC, DASH, Constant-Murley et EVA : ils guident le traitement et le pronostic, ils ne posent pas le diagnostic Requejo-Salinas 2022Zhong 2024.
1. Comprendre la pathologie
L'anatomie utile en trois phrases
- L'épaule est une articulation à grosse tête et petite cupule : la glène ne fait qu'un quart de la surface de la tête humérale, ce qui donne une mobilité énorme au prix d'une stabilité osseuse insuffisante revue narrative de biomécanique : Akhtar 2021. Un chapitre de manuel la compare à une balle de golf posée sur un tee chapitre de manuel : May 2026.
- La coiffe des rotateurs, ce sont quatre muscles nés sur la scapula et insérés sur la tête humérale : le subscapulaire en avant (rotateur interne), le supra-épineux en haut (il lance l'abduction), l'infra-épineux et le petit rond en arrière (rotateurs externes). Le moyen mnémotechnique anglais est SITS chapitre de manuel : La Rose 2026.
- Leur rôle premier n'est pas de faire bouger le bras mais de plaquer la tête humérale contre la glène pendant le mouvement : c'est le mécanisme de « concavité-compression », complété par le bourrelet, la capsule et la pression intra-articulaire négative Akhtar 2021La Rose 2026. Le supra-épineux est le plus exposé : son insertion courte passe sous l'acromion, dans un espace de 1 à 1,5 cm de haut qui se rétrécit dès qu'on lève le bras chapitre de manuel : Creech 2026.
De quoi parle-t-on exactement
- Les termes ont changé. Le mot « conflit » (impingement) supposait que l'acromion écrasait le tendon ; la chirurgie qui rabote l'acromion n'a pourtant pas fait mieux que l'exercice, ce qui a remis en cause cette explication consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022. On parle aujourd'hui de « douleur d'épaule liée à la coiffe des rotateurs », un terme parapluie qui regroupe le syndrome douloureux sous-acromial, le conflit sous-acromial, la tendinopathie de la coiffe et la bursite, et qui reconnaît qu'on ne connaît pas la cause exacte de la douleur Requejo-Salinas 2022. Dans les méta-analyses d'exercice, il recouvre le conflit sous-acromial, la tendinopathie et la rupture partielle méta-analyse : Wu 2025.
- Trois mots à ne pas confondre : « tendinopathie » désigne toute pathologie du tendon ; « tendinite » une inflammation aiguë, souvent après une blessure ; « tendinose » des changements chroniques, dégénératifs et non inflammatoires, terme jugé plus fidèle à la douleur tendineuse chronique revue clinique : Sidhar 2024.
- Le syndrome de la coiffe est un spectre : conflit sous-acromial, bursite, tendinite, puis ruptures partielles et transfixiantes ; devenu chronique, il augmente le risque d'arthrose et d'arthropathie de coiffe chapitre de manuel : Varacallo 2026. Le module traite de la partie non opérée de ce spectre ; les ruptures transfixiantes sont exclues des méta-analyses d'exercice méta-analyse en réseau : Zhang 2025méta-analyse : Pavlova 2023.
Comment le tendon se dégrade
- Deux familles de mécanismes coexistent. Les mécanismes extrinsèques : le tendon est comprimé entre la tête humérale et l'arche coraco-acromiale (acromion courbe ou crochu, éperons, ligament coraco-acromial calcifié, bourse épaissie). Les mécanismes intrinsèques : le tendon se dégrade de l'intérieur avec l'âge, la vascularisation et les tractions excentriques répétées, la tête humérale remonte et l'espace se ferme secondairement chapitre de manuel : Varacallo 2026Akhtar 2021. La plupart des cliniciens admettent que les deux se combinent Varacallo 2026.
- Le point faible est une « zone critique » peu vascularisée, à environ 1 cm de l'insertion sur le tubercule majeur, siège le plus fréquent des lésions ; sa capacité de cicatrisation diminue avec l'âge, même si certaines études contestent cette hypovascularisation Akhtar 2021Varacallo 2026.
- Au microscope, la tendinopathie est un continuum : réaction du tendon à la charge (réversible), puis défaut de réparation avec dégénérescence mucoïde, désorganisation du collagène, néovascularisation, puis rupture quand la capacité de réparation du tissu est dépassée chapitre d'imagerie : Llopis 2021. Les trois stades historiques de Neer (œdème et hémorragie, fibrose et tendinose, rupture) restent cités, mais la pratique préfère aujourd'hui le terme multifactoriel de douleur liée à la coiffe Creech 2026.
- On distingue le conflit primaire, structurel, présent au repos (morphologie acromiale, ostéophytes), du conflit secondaire, fonctionnel, où l'anatomie est normale mais la tête humérale remonte à l'effort par faiblesse ou fatigue de la coiffe, dyskinésie scapulaire ou instabilité Creech 2026. Le conflit fonctionnel touche plutôt les jeunes et les sportifs de gestes en hauteur, le conflit structurel les plus âgés revue narrative : Bolia 2021.
- Chez le sportif, la fatigue du dentelé antérieur et du subscapulaire pendant la traction dérègle la cinématique et provoque un conflit secondaire ; la laxité augmente la translation de la tête humérale chapitre de manuel : Davis 2026. Une cause fréquente est la mauvaise gestion de la charge : charge excessive ou changement brutal de charge sur les structures sous-acromiales, et la douleur se comporte comme celle des tendinopathies, présente ou absente selon la charge appliquée Requejo-Salinas 2022.
Comment ça se présente
- Le patient type décrit une douleur sourde de l'épaule antéro-latérale, sur l'acromion, qui peut descendre vers le milieu du bras ; elle s'aggrave quand il lève le bras, attrape quelque chose en hauteur, porte une charge ou se couche sur le côté atteint ; la douleur nocturne est fréquente ; le début est progressif, sur des semaines ou des mois, sans traumatisme Creech 2026. La zone la plus souvent désignée est la région deltoïdienne Requejo-Salinas 2022.
- La localisation oriente : douleur antérieure vers le biceps, antéro-latérale ou latérale vers le conflit ou la coiffe, postérieure vers une atteinte dégénérative ou une douleur cervicale projetée chapitre de manuel : Tapscott 2026.
- Les trois signes clés à l'interrogatoire sont un début insidieux et atraumatique, une aggravation aux gestes au-dessus de la tête et une douleur nocturne Varacallo 2026. L'interrogatoire fonde 75 à 83 % des décisions diagnostiques ; il faut noter la main dominante, le sport et le poste, la profession, les antécédents d'épaule et de cou Requejo-Salinas 2022Varacallo 2026.
- Signature à l'examen : l'amplitude passive est presque complète alors que l'amplitude active est limitée par la douleur, avec un arc douloureux entre environ 70° et 120° d'abduction et une faiblesse en abduction et rotation externe Creech 2026. Une amplitude passive limitée oriente vers un autre diagnostic, la capsulite Varacallo 2026.
- Les actifs consultent souvent tard, quand ils ne peuvent plus pratiquer sans douleur après avoir modifié leur geste ; le lanceur, par exemple, passe d'un lancer au-dessus de la tête à un lancer latéral May 2026.
Combien de personnes, et lesquelles
- C'est la première cause de douleur d'épaule, et la douleur d'épaule est le troisième trouble musculo-squelettique après la lombalgie et le genou méta-analyse : Lazzarini 2025. Le conflit sous-acromial représenterait 44 à 65 % de toutes les plaintes d'épaule Creech 2026Bolia 2021. En soins primaires, environ deux tiers des épaules douloureuses ont une lésion de la coiffe méta-analyse diagnostique : Zhao 2024.
- Sept adultes sur dix auront mal à l'épaule au cours de leur vie, avec 18 à 31 % de la population touchée chaque mois revue narrative : Vargas-Figueroa 2025 ; l'incidence va de 14,7 à 29,3 pour 1 000 personnes-années, avec un pic entre 45 et 55 ans Requejo-Salinas 2022.
- L'âge est le facteur le plus fort : les anomalies de la coiffe touchent 5 à 10 % des moins de 20 ans, 30 à 35 % des sixième et septième décennies, 60 à 65 % des plus de 80 ans Varacallo 2026. Beaucoup sont silencieuses : à l'IRM d'épaules sans symptôme, 20 % ont une rupture partielle et 15 % une rupture transfixiante Tapscott 2026 ; les ruptures asymptomatiques atteignent 60 % après 60 ans, d'où l'obligation de confronter l'imagerie à la clinique Llopis 2021.
- Une méta-analyse de qualité haute chiffre précisément cet écart entre populations : la prévalence globale poolée des déchirures de la coiffe à l'imagerie est de 38,6 % (IC95 29,2-48,0 %), mais elle passe de 23,6 % (IC95 14,2-32,9 %) chez les sujets asymptomatiques ou sans consultation à 55,5 % (IC95 45,2-65,8 %) chez les sujets symptomatiques, traumatiques ou vus en consultation externe, et jusqu'à 57,3 % (IC95 48,6-65,9 %) dans les groupes à forte exposition ; les déchirures transfixiantes représentent 21,0 % (IC95 15,2-26,8 %) contre 43,8 % (IC95 32,8-54,9 %) pour l'ensemble des déchirures, tous types confondus méta-analyse : Yang 2026.
- Populations à risque : métiers et sports de gestes répétés en hauteur (natation, volley, handball, menuisiers, peintres, bâtiment, coiffeurs), avec un pic d'incidence dans la sixième décennie Creech 2026 ; en natation, 23 à 38 % des athlètes se blessent l'épaule dans l'année revue systématique : Liaghat 2022 ; côté dominant, actifs, longues années de travail bras levés Requejo-Salinas 2022.
- Facteurs de risque documentés : gestes répétés ou soutenus au-dessus de la tête, travail manuel lourd, mauvais sommeil, insomnie, tabac, fluoroquinolones Creech 2026 ; syndrome métabolique, diabète, thyroïde, arthrites inflammatoires Varacallo 2026 ; tabac lié de façon dose-dépendante aux ruptures, près de deux tiers des patients avec rupture ayant fumé dans une étude de 586 sujets Varacallo 2026 ; antécédents familiaux, hypercholestérolémie, mauvaise posture May 2026. L'alcool est un facteur de risque possible de rupture, avec des résultats incohérents entre études revue systématique : Hijlkema 2022.
Comment ça évolue
- Seule la moitié des nouveaux épisodes de douleur d'épaule guérit en six mois Zhao 2024 et jusqu'à 50 % des patients ont encore mal 6 à 12 mois après avoir consulté Wu 2025 ; dans une cohorte, 54 % avaient encore des symptômes à 3 ans Creech 2026.
- Une tendinopathie silencieuse à l'échographie a plus de 50 % de chances de devenir symptomatique Tapscott 2026 ; une rupture qui s'agrandit a cinq fois plus de risque de devenir douloureuse May 2026. À l'inverse, moins d'un patient sur quatre finira par être opéré, même quand la tendinite évolue vers une rupture transfixiante symptomatique Tapscott 2026.
- Facteurs de mauvais pronostic : symptômes chroniques, travail physique exigeant, âge avancé, rupture de coiffe ou arthrose associées Creech 2026.
2. Reconnaître, et ne pas confondre
Les signes qui doivent alerter
Une douleur d'épaule liée à la coiffe est, dans une certaine mesure, un diagnostic d'exclusion : on ne le retient qu'après avoir écarté ce qui lui ressemble consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022. Les recommandations de pratique clinique demandent que l'évaluation initiale comprenne l'anamnèse, une recherche des drapeaux rouges et l'examen clinique revue systématique de recommandations : Lowry 2023. Voici les signes que les sources du dossier décrivent, avec ce qu'ils font craindre et ce qu'il faut faire.
- Une douleur qui irradie loin, des fourmillements, une faiblesse en dehors de l'épaule, un pouls diminué bras levé. Ce que ça fait craindre : une radiculopathie cervicale (compression d'une racine nerveuse au cou), un syndrome du défilé thoracique, une plexopathie ou une compression nerveuse périphérique ; dans une tendinite isolée, l'examen neurovasculaire est normal chapitre de manuel : Tapscott 2026. Quoi faire : examiner le cou (posture, palpation, amplitudes, manœuvre de Spurling, réflexes, examen neurovasculaire) chez tout patient qui a mal à l'épaule chapitre de manuel : Varacallo 2026. Un électrodiagnostic peut être demandé en cas de doute chapitre de manuel : Creech 2026. Le consensus le résume ainsi : dans la douleur liée à la coiffe, il n'y a ni douleur projetée du rachis ni symptôme neurologique, et le rachis cervical est libre et indolore Requejo-Salinas 2022.
- Une douleur brutale et sévère sans traumatisme, pire la nuit, puis une faiblesse qui s'installe alors que la douleur passe. Ce que ça fait craindre : une névrite brachiale (syndrome de Parsonage-Turner), qui se diagnostique cliniquement, par électromyogramme et IRM du plexus, et récupère dans environ 90 % des cas en 3 ans revue clinique : Sidhar 2024.
- Une faiblesse franche, surtout si elle est indolore. Ce que ça fait craindre : une rupture complète du supra-épineux ; son absence n'exclut pas la rupture Tapscott 2026. Une douleur nocturne doit aussi faire penser à une rupture partielle ou complète revue narrative : Bolia 2021. Quoi faire : tests de rupture (voir la section Examiner), puis échographie ou IRM ; chez un sujet jeune et actif après un traumatisme, une rupture transfixiante aiguë se répare idéalement dans les 3 à 4 mois Sidhar 2024.
- Une faiblesse profonde, un gonflement marqué, une rougeur ou une déformation. Ce que ça fait craindre : une pathologie qui dépasse la tendinopathie ; quoi faire : bilan plus poussé, imagerie Tapscott 2026. Une suspicion d'arthrite septique appelle une ponction articulaire chapitre de manuel : Faruqi 2026.
- Une épaule douloureuse après un traumatisme, même mineur chez une personne ostéoporotique. Ce que ça fait craindre : une fracture isolée du tubercule majeur, peu déplacée, souvent invisible sur une seule radiographie ; quoi faire : échographie ou IRM chapitre d'imagerie : Llopis 2021.
- Une amyotrophie ou une faiblesse des muscles de la coiffe sans rupture. Ce que ça fait craindre : une dénervation du nerf supra-scapulaire (kyste paralabral, virus, surmenage du lanceur) ou du nerf axillaire (luxation après 40 ans, espace quadrilatère) ; quoi faire : IRM, qui montre un œdème musculaire au stade aigu puis une atrophie graisseuse Llopis 2021.
- Une douleur d'épaule sans cause musculo-squelettique évidente. Ce que ça fait craindre : une douleur projetée cardiaque, thoracique, rachidienne ou abdominale ; quoi faire : garder un diagnostic différentiel large Sidhar 2024. Une bursite qui n'irradie pas est typique ; si la douleur irradie, penser au rachis cervical Faruqi 2026.
- Un patient qui peut se subluxer volontairement et sans douleur. Ce que ça fait craindre : une instabilité volontaire à composante psychologique, avec de mauvais résultats chirurgicaux ; quoi faire : intégrer les facteurs psychosociaux au plan de traitement chapitre de manuel : Dwidmuthe 2026.
Quand demander une imagerie ? Le consensus des kinésithérapeutes la réserve à trois situations : drapeaux rouges, antécédent de traumatisme, absence de réponse à au moins 3 mois de traitement conservateur Requejo-Salinas 2022. Les recommandations ne préconisent pas l'IRM en début de prise en charge et divergent sur la radiographie Lowry 2023 ; un chapitre la réserve aux cas qui ne s'améliorent pas après 6 semaines ou à la suspicion de rupture importante Creech 2026.
Ne pas confondre : le tableau différentiel
Le tri le plus utile est celui de l'amplitude : si l'amplitude active ET passive est perdue, on pense capsulite ou arthrose selon la radiographie ; si l'amplitude est conservée (même douloureuse), on pense coiffe et on précise avec les tests Sidhar 2024. Une amplitude passive limitée, en l'absence d'arthrose avancée, est considérée comme diagnostique d'une capsulite et relève d'un autre traitement Varacallo 2026.
| Pathologie voisine | Ce qui la distingue à l'interrogatoire et à l'examen | Le signe ou test qui tranche |
|---|---|---|
| Capsulite rétractile (épaule gelée) | Douleur nocturne vague au début, puis raideur ; perte d'amplitude active ET passive, la rotation externe la première ; terrain diabétique ou thyroïdien, incidence de 3 à 5 %, jusqu'à 20 % chez les diabétiques ; les tests de conflit et du biceps sont souvent positifs par chevauchement Sidhar 2024 | Amplitude passive limitée, surtout en rotation externe, avec radiographie sans arthrose Sidhar 2024Llopis 2021 ; une rotation externe passive complète est au contraire indicative de la coiffe Requejo-Salinas 2022 |
| Arthrose gléno-humérale | Douleur antérieure profonde, insidieuse, avec raideur progressive ; perte d'amplitude active et passive surtout en rotation externe et abduction ; douleur de l'interligne antérieur Sidhar 2024 | Radiographie de face vraie ou axillaire : pincement, sclérose sous-chondrale, ostéophytes Sidhar 2024 |
| Rupture transfixiante de la coiffe | Mêmes douleurs que la tendinopathie, parfois après une chute ; faiblesse du muscle atteint (abduction pour le supra-épineux, rotation externe pour l'infra-épineux, rotation interne pour le subscapulaire) ; amplitude active perdue mais passive conservée Sidhar 2024 | Lag signs : rotation externe à 90° (DOR 12,70) et rotation interne (DOR 7,03), précis pour confirmer une rupture méta-analyse diagnostique : Zhao 2024 ; échographie, sensibilité 0,96 et spécificité 0,93 Varacallo 2026 |
| Bursite sous-acromiale | Douleur ponctuelle antéro-latérale sous l'acromion, qui n'irradie pas, après gestes répétés en hauteur ou chute sur l'épaule ; souvent associée à une atteinte tendineuse Faruqi 2026 | Douleur localisée à la palpation et à l'abduction résistée au-delà de 75 à 80° ; échographie possible, la bourse mesurant 1,27 mm en cas de bursite contre 0,75 mm Faruqi 2026 |
| Tendinopathie calcifiante | Douleur parfois très intense chez le jeune adulte pendant la phase de résorption ; évolution le plus souvent autolimitée Llopis 2021 | Calcifications dans le tendon à la radiographie Llopis 2021Sidhar 2024 |
| Tendinopathie du long biceps | Douleur antérieure qui descend le long du biceps, claquements si le tendon est instable ; souvent associée à une atteinte de la coiffe Sidhar 2024 | Douleur à la palpation de la gouttière bicipitale ; tests de Speed et de Yergason, sensibles mais peu spécifiques Sidhar 2024 |
| Pathologie acromio-claviculaire (arthrose, entorse, ostéolyse) | Douleur au sommet de l'épaule, sur l'articulation ; haltérophilie, charges répétées, antécédent de disjonction Sidhar 2024 | Douleur à la palpation directe de l'articulation et test d'adduction croisée ; radiographie de Zanca Sidhar 2024 |
| Lésions du bourrelet (SLAP) | Douleur antérieure vers la gouttière, clics en abduction-rotation externe ; lanceurs, travail lourd ; souvent asymptomatiques et découvertes fortuites, jusqu'à 70 % des sujets d'âge moyen sans symptôme Sidhar 2024 | Aucun test isolé fiable : combinaison de tests, arthro-IRM, arthroscopie de référence Sidhar 2024 |
| Instabilité multidirectionnelle | Sujet jeune, souvent sportif de gestes en hauteur ou hyperlaxe ; douleur profonde liée à l'activité et au port de charges plutôt que sensation d'instabilité, « bras mort », baisse de performance ; souvent bilatérale Dwidmuthe 2026 | Signe du sillon (un sillon de 2 cm ou plus reproduisant les symptômes), load and shift, appréhension-relocation ; les tests d'instabilité sont en général négatifs dans le conflit isolé Dwidmuthe 2026Creech 2026 |
| Conflit interne (épaule du lanceur) | Sportif de moins de 40 ans, douleur postérieure en position d'armé du lancer (abduction-rotation externe), raideur, baisse de vitesse ; déficit de rotation interne supérieur aux 10 à 15° habituels du lanceur ; intervalle acromio-huméral normal Bolia 2021Varacallo 2026 | Signe de conflit postérieur (douleur postérieure en position d'appréhension, soulagée par la relocation), sensibilité 95 % et spécificité 100 % pour les lésions sans contact ; une douleur postérieure au signe de Neer oriente aussi vers le conflit interne Bolia 2021Creech 2026 |
| Conflit sous-coracoïdien | Douleur antérieure en flexion, adduction et rotation interne Bolia 2021 | Douleur maximale entre 120° et 130° de flexion avec rotation interne ; scanner bras croisé avec distance coraco-humérale inférieure à 6 mm Bolia 2021 |
| Radiculopathie cervicale | Douleur projetée depuis le cou, faiblesse péri-scapulaire, symptômes neurologiques Dwidmuthe 2026 | Examen neurologique et cervical, manœuvre de Spurling May 2026Varacallo 2026 |
| Syndrome du défilé thoracique | Douleur diffuse du bras, faiblesse, symptômes neurologiques ou vasculaires ; près de 90 % des formes neurogènes ont mal à l'épaule Sidhar 2024 | Les tests cliniques (Adson, bras élevés, tension neurale) ne sont ni sensibles ni spécifiques ; imagerie vasculaire et avis de chirurgie vasculaire Sidhar 2024 |
Deux points à retenir sur les sportifs. L'« épaule du nageur » n'est pas un diagnostic mais un terme qui recouvre conflit, tendinite de la coiffe, lésion du bourrelet, instabilité par laxité, déséquilibre musculaire, compression nerveuse ; pour ramener l'athlète au sport, il faut distinguer ces causes chapitre de manuel : Davis 2026. Et chez tout sportif, il faut faire démontrer le geste qui déclenche les symptômes Bolia 2021.
Quand adresser
- Chirurgien : après 3 à 6 mois de traitement conservateur structuré sans amélioration, ou d'emblée en cas de lésion structurelle importante, en particulier chez un patient jeune ou très actif Creech 2026 ; un chapitre retient 3 mois chapitre de manuel : La Rose 2026, un autre 4 à 6 mois pour la décompression Varacallo 2026. Les preuves rappellent que, pour les ruptures transfixiantes, la chirurgie n'apporte que des différences inférieures au seuil cliniquement important à 1 et 2 ans méta-analyse : Brindisino 2021méta-analyse : Longo 2021.
- Médecin : tout drapeau rouge ci-dessus, en particulier neurologique, vasculaire, infectieux ou traumatique.
- Imagerie : drapeaux rouges, traumatisme, échec de 3 mois de traitement Requejo-Salinas 2022 ; une radiographie est recommandée par certains chapitres chez tout patient avec douleur d'épaule aiguë ou chronique Varacallo 2026, alors que le consensus des kinésithérapeutes n'en fait pas un préalable. Le dossier ne permet pas de trancher entre ces deux positions.
3. Examiner
L'ordre d'un examen complet
- On commence par regarder : symétrie des deux épaules, posture (tête en avant, épaules enroulées), amyotrophie des fosses supra et infra-épineuses, décollement ou haussement précoce de la scapula pendant l'élévation, cicatrices chapitre de manuel : Creech 2026chapitre de manuel : Varacallo 2026.
- On examine le cou avant l'épaule : amplitudes, palpation, manœuvre de Spurling, réflexes et examen neurovasculaire, pour ne pas prendre une radiculopathie pour une coiffe Varacallo 2026. Explication générale La manœuvre de Spurling consiste à incliner et tourner la tête du patient du côté douloureux puis à appuyer doucement sur le sommet du crâne ; elle est positive si elle reproduit une douleur ou des fourmillements qui descendent dans le bras.
- On palpe : tubercule majeur, acromion antéro-latéral, articulation acromio-claviculaire, gouttière bicipitale ; une douleur ponctuelle sous l'acromion évoque la bourse Creech 2026chapitre de manuel : Faruqi 2026.
- On mesure les amplitudes actives puis passives, des deux côtés : dans la coiffe, l'active est limitée par la douleur, la passive presque complète ; si la douleur empêche de conclure, on peut guider le patient jusqu'à l'amplitude complète, ou faire une injection sous-acromiale de lidocaïne et répéter l'examen revue clinique : Sidhar 2024. La rotation interne est souvent limitée, la rotation externe passive complète consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022.
- On teste la force en abduction, rotation externe et rotation interne : dans la coiffe, il y a une douleur, parfois une faiblesse ; l'épaule est « faible et douloureuse » Requejo-Salinas 2022. Les experts s'accordent sur un point : la douleur aux mouvements résistés, surtout en abduction et rotation externe, est le signe le plus indicatif Requejo-Salinas 2022.
- On termine par les tests spécifiques ci-dessous, en sachant ce qu'ils valent. Le consensus des kinésithérapeutes n'a retenu aucun test spécial comme critère diagnostique : la plupart ont une faible précision, parce qu'aucun ne sollicite une seule structure et que plusieurs structures sont souvent atteintes en même temps ; leur utilité principale serait de détecter une rupture transfixiante, dans un tableau global Requejo-Salinas 2022. Les chapitres de manuel les enseignent tout de même, avec la même réserve : un test isolé varie en sensibilité et spécificité, les combinaisons améliorent la précision Creech 2026, même si l'amélioration apportée par la combinaison reste marginale revue narrative : Bolia 2021. La méta-analyse de référence de 45 études conclut que la précision des tests de Neer, Hawkins-Kennedy et Speed est limitée, qu'aucun test du conflit n'a montré de précision significative, et que la courte liste des tests à la fois sensibles et spécifiques pour la rupture se réduit au signe du hornblower et au lag sign en rotation externe, sur des études peu nombreuses ou de qualité moindre méta-analyse : Hegedus 2007. La méta-analyse JAMA, limitée à 5 études de bonne qualité chez des patients adressés, retient l'arc douloureux et la rotation externe résistée comme signes les plus précis de pathologie de la coiffe, et les lag signs pour la rupture transfixiante méta-analyse : Hermans 2013.
Comment lire les chiffres ci-dessous : la sensibilité dit quelle part des malades le test détecte, la spécificité quelle part des non-malades il classe bien ; un DOR élevé signifie que le test discrimine bien ; un LR+ au-dessus de 10 rend un diagnostic très probable après test positif, un LR- en dessous de 0,1 l'écarte presque après test négatif.
Tests du conflit et de la tendinopathie
Test de Hawkins-Kennedy
- À quoi il sert : reproduire le contact entre l'acromion et la bourse ou le tendon enflammés chapitre de manuel : Tapscott 2026.
- Position et geste : épaule fléchie à 90° devant le corps, coude fléchi à 90° ; l'examinateur amène passivement l'humérus en rotation interne Creech 2026.
- Positif si : douleur sur l'acromion latéral Creech 2026.
- Ce qu'il vaut : sensible mais peu spécifique, donc un test négatif rassure plus qu'un test positif ne confirme. Sensibilité 80 % (IC 0,72 à 0,86) et spécificité 56 % (IC 0,45 à 0,67) Sidhar 2024 ; 79 % et 57 % dans une autre méta-analyse Bolia 2021 ; 79 % et 59 % en valeurs poolées de la méta-analyse de référence Hegedus 2007 ; 80 % de sensibilité dans une revue clinique Cotter 2018. Pour le conflit sous-acromial, DOR 3,41 (IC 95 % 1,78 à 6,54), précision modeste méta-analyse diagnostique : Zhao 2024. Attention : la position peut aussi reproduire un conflit interne, ce qui réduit sa spécificité Bolia 2021.
Signe de Neer
- À quoi il sert : reproduire le conflit sous-acromial Creech 2026.
- Position et geste : l'examinateur stabilise la scapula d'une main et fléchit passivement le bras vers l'avant, en rotation interne, au-delà de 90° Creech 2026Bolia 2021.
- Positif si : douleur antérieure ; une douleur postérieure oriente vers un conflit interne Creech 2026. Le « test » de Neer, à ne pas confondre avec le signe, répète la manœuvre après une injection sous-acromiale et est positif si la douleur a disparu Varacallo 2026.
- Ce qu'il vaut : sensibilité 72 % (IC 0,60 à 0,81), spécificité 60 % (IC 0,40 à 0,77) Sidhar 2024 ; un test négatif est très spécifique pour écarter le conflit Creech 2026 ; 79 % et 53 % en valeurs poolées Hegedus 2007, 75 % de sensibilité avec une spécificité globalement faible Cotter 2018. Pour le conflit sous-acromial, DOR 4,02 (IC 95 % 2,11 à 7,69) ; pour la rupture, non significatif Zhao 2024.
Arc douloureux
- À quoi il sert : signe de pathologie sous-acromiale pendant le mouvement actif Creech 2026.
- Position et geste : le patient monte le bras en abduction active Creech 2026.
- Positif si : douleur entre environ 70° et 120°, soulagée au-delà de 120° Creech 2026 ; d'autres sources donnent 60° à 120° Bolia 2021chapitre de manuel : La Rose 2026.
- Ce qu'il vaut : plus spécifique que les deux précédents : sensibilité 73,5 %, spécificité 81,1 % Sidhar 2024 ; 53 % et 76 % ailleurs Bolia 2021 ; 80 % de spécificité pour le conflit sous-acromial Cotter 2018. C'est le seul test de provocation qui compte vraiment pour la pathologie de la coiffe : LR+ de 3,7 (IC 95 % 1,9 à 7,0), le seul au-dessus de 2, et LR- de 0,36, le plus bas ; un arc douloureux positif rend la pathologie de coiffe nettement plus probable, un arc normal la rend moins probable sans l'exclure Hermans 2013.
Test de Jobe (empty can) et full can
- À quoi il sert : interroger le supra-épineux Tapscott 2026.
- Position et geste : bras à 90° d'abduction dans le plan de la scapula, environ 30° en avant, pouce vers le sol comme pour vider une canette ; le patient résiste à une poussée vers le bas ; la même manœuvre pouce vers le haut est le full can Tapscott 2026Creech 2026.
- Positif si : douleur et/ou faiblesse Creech 2026.
- Ce qu'il vaut : ces tests ont une sensibilité élevée mais ne sont pas spécifiques chapitre de manuel : May 2026. Pour la rupture, DOR 3,54 (IC 95 % 1,37 à 9,19) Zhao 2024 ; pour la lésion de coiffe contre échographie ou IRM, les tests classiques (arc douloureux, lift-off, rotation externe résistée, full can, Jobe) ont une faible précision, LR+ de 1,30 à 3,70 et LR- de 0,36 à 0,85 revue systématique : Liaghat 2022. Dans une cohorte de 208 patients contre imagerie, le Jobe a une sensibilité de 88 % et une spécificité de 62 % pour la rupture du supra-épineux (LR+ 2,30), le full can 70 % et 81 % : le Jobe sert à dépister, le full can à confirmer cohorte : Jain 2017. Contre arthroscopie chez 215 patients avec rupture transfixiante, le Jobe tombe à 52,6 % de sensibilité pour 82,4 % de spécificité Cotter 2018.
Rotation externe résistée
- À quoi il sert : infra-épineux et petit rond May 2026.
- Position et geste : bras le long du corps, coude fléchi à 90° ; le patient tourne l'avant-bras vers l'extérieur contre la résistance de l'examinateur Varacallo 2026.
- Positif si : douleur ou faiblesse May 2026.
- Ce qu'il vaut : peu sensible mais spécifique : le test de force de l'infra-épineux a une sensibilité de 41,6 % et une spécificité de 90,1 % Sidhar 2024. Avec l'arc douloureux, c'est le signe le plus précis pour détecter une pathologie de la coiffe dans la méta-analyse JAMA Hermans 2013. Le petit rond s'isole mieux à 90° d'abduction, coude à 90°, rotation externe résistée Varacallo 2026.
Tests de rupture : les lag signs et le drop arm
Un lag sign (signe de retard) consiste à placer passivement le bras dans une position que seul le muscle testé peut tenir, puis à lâcher : si le bras retombe, le tendon ne transmet plus la force. Ce sont les tests les plus utiles pour confirmer une rupture Zhao 2024.
External rotation lag sign (à 0° et à 90°)
- À quoi il sert : rupture du supra-épineux et/ou de l'infra-épineux May 2026.
- Position et geste : coude au corps fléchi à 90°, l'examinateur amène le bras en rotation externe maximale en tenant le poignet, puis relâche le poignet ; la variante à 90° se fait bras en abduction Varacallo 2026.
- Positif si : l'épaule dérive en rotation interne quand l'examinateur lâche Varacallo 2026.
- Ce qu'il vaut : à 90°, c'est le test le plus discriminant du dossier pour la rupture, DOR 12,70 (IC 95 % 3,68 à 43,86 ; 3 études, n = 234) Zhao 2024 ; À 0°, coude au corps, la spécificité est de 98 % (IC 96 à 100 %) pour la rupture de l'infra-épineux, LR+ 6,06 Jain 2017. Dans une cohorte de 401 patients contrôlée par chirurgie, il a une sensibilité de 56 % et une spécificité de 98 % pour la rupture transfixiante isolée du supra-épineux ; la sensibilité s'améliore nettement quand la rupture s'étend à l'infra-épineux et au petit rond, et l'amplitude du lag croît avec l'étendue, de 7° pour une rupture isolée du supra-épineux à 26° avec extension au petit rond Castoldi 2009. La méta-analyse JAMA en fait le signe le plus précis de rupture transfixiante, LR+ 7,2 (IC 1,7 à 31) Hermans 2013. Lecture : un lag sign positif confirme presque, un lag sign négatif n'élimine pas une petite rupture.
Signe du clairon (hornblower)
- À quoi il sert : petit rond Varacallo 2026.
- Position et geste : épaule à 90° d'abduction, coude à 90°, rotation externe maximale soutenue puis relâchée Varacallo 2026.
- Positif si : le patient ne tient pas la position et le bras dérive en rotation interne Varacallo 2026.
- Ce qu'il vaut : très spécifique : 96 % (IC 93 à 100 %) pour la rupture de l'infra-épineux, LR+ 4,81 Jain 2017 ; il figure avec le lag sign en rotation externe sur la courte liste des tests à la fois sensibles et spécifiques pour la rupture de coiffe Hegedus 2007. Sa sensibilité n'est pas chiffrée dans les sources.
Internal rotation lag sign
- À quoi il sert : rupture du subscapulaire Varacallo 2026.
- Position et geste : main derrière le dos, environ 20° d'extension, coude fléchi à 90° ; l'examinateur décolle passivement le dos de la main du dos en soutenant coude et poignet, puis lâche le poignet Varacallo 2026.
- Positif si : le dos de la main retombe vers le dos Varacallo 2026.
- Ce qu'il vaut : DOR 7,03 (IC 95 % 2,98 à 16,61 ; 4 études, n = 295), précision modérée à élevée pour confirmer la rupture Zhao 2024 ; sensibilité 41 %, spécificité 91 % pour la rupture du subscapulaire Sidhar 2024. Dans la méta-analyse JAMA, un test positif a un LR+ de 5,6 pour la rupture transfixiante, et un test normal a le LR- le plus bas de tous les signes, 0,04 : c'est le meilleur signe pour écarter une rupture transfixiante Hermans 2013. Les tests du subscapulaire en général sont spécifiques mais peu sensibles Jain 2017. Une rotation externe passive augmentée par rapport à l'autre côté évoque aussi une rupture du subscapulaire Varacallo 2026.
Lift-off de Gerber et belly press
- À quoi ils servent : subscapulaire ; le lift-off explore surtout sa partie inférieure, le belly press sa partie supérieure ; le belly press sert quand la main ne peut pas être placée dans le dos Varacallo 2026La Rose 2026.
- Position et geste : lift-off : dos de la main contre le bas du dos, le patient décolle la main contre résistance ; belly press : coude à 90°, main, poignet et coude alignés, paume pressée sur le ventre, coude amené devant le plan du tronc Varacallo 2026La Rose 2026.
- Positif si : lift-off : impossibilité de décoller la main ou douleur ; belly press : le coude recule, ou douleur, faiblesse, flexion compensatrice du poignet ; le test de Napoléon est positif quand la compression n'est obtenue qu'avec une flexion du poignet à 90°, intermédiaire entre 30° et 60° La Rose 2026.
- Ce qu'ils valent : pour la rupture de coiffe en général, le lift-off n'est pas discriminant, DOR non significatif Zhao 2024. Le bear hug (paume sur l'épaule opposée, résister à la force antérieure) est positif si le patient ne tient pas la position La Rose 2026 ; sa précision n'est pas chiffrée dans le dossier : donnée non disponible dans les sources.
Drop arm test
- À quoi il sert : rupture de la coiffe, en pratique du supra-épineux May 2026.
- Position et geste : le patient élève le bras à hauteur d'épaule en abduction, l'examinateur le soutient puis demande une descente lente et contrôlée Varacallo 2026.
- Positif si : le bras tombe brusquement ou ne peut pas être redescendu de façon régulière La Rose 2026.
- Ce qu'il vaut : non discriminant pour la rupture dans la méta-analyse, DOR non significatif Zhao 2024 ; la méta-analyse JAMA lui trouve un LR+ de 3,3 dont l'intervalle touche 1,0, un signe qui « pourrait aider » sans plus Hermans 2013.
Tests des diagnostics voisins
Signe de conflit postérieur (conflit interne)
- À quoi il sert : conflit interne du lanceur Bolia 2021.
- Position et geste : position du test d'appréhension, abduction à 90° et rotation externe maximale ; puis relocation par une poussée vers l'arrière sur l'humérus proximal Bolia 2021chapitre de manuel : Dwidmuthe 2026.
- Positif si : douleur postérieure reproduite, soulagée par la relocation ; c'est ce soulagement, plus que l'appréhension, qui est spécifique du conflit interne Bolia 2021. Le test de conflit interne en décubitus, abduction et rotation externe maximales, est positif s'il reproduit la douleur Varacallo 2026.
- Ce qu'il vaut : sensibilité 95 %, spécificité 100 % pour les lésions sans contact Bolia 2021. À compléter par la mesure du déficit de rotation interne : 10 à 15° sont courants chez le lanceur sain, un déficit plus grand (19,7° contre 11,1°) est corrélé au conflit interne symptomatique Bolia 2021.
Tests d'instabilité : signe du sillon, load and shift, appréhension-relocation
- À quoi ils servent : instabilité, en général négatifs dans le conflit isolé Creech 2026.
- Position et geste : sillon : traction inférieure sur le bras en position neutre coude au corps ; load and shift : patient couché, charge axiale pour centrer la tête puis translation antérieure et postérieure ; appréhension : abduction à 90° et rotation externe maximale, puis relocation Dwidmuthe 2026.
- Positif si : sillon : dépression visible et palpable sous l'acromion, grade 1 moins de 1 cm, grade 2 de 1 à 2 cm, grade 3 plus de 2 cm, un sillon de 2 cm ou plus reproduisant les symptômes évoquant fortement une laxité inférieure pathologique ; appréhension : sensation de subluxation imminente soulagée par la relocation Dwidmuthe 2026.
- Ce qu'ils valent : appréhension-relocation, sensibilité 64,6 % et spécificité 90,2 % pour l'instabilité antérieure Sidhar 2024. Le score de Beighton dépiste l'hyperlaxité généralisée (positif à 4 ou 5 ou plus selon l'âge et le sexe) mais corrèle mal avec la laxité de l'épaule ; une rotation externe passive de 85° ou plus coude au corps renseigne mieux Dwidmuthe 2026.
Tests du biceps et de l'acromio-claviculaire
- Speed (flexion antérieure résistée paume vers le haut) et Yergason (supination résistée coude à 90°) : douleur si tendinopathie du biceps, mais ces tests sont positifs aussi quand la coiffe est atteinte ; Speed sensibilité 75 % et spécificité 45 %, Yergason 12,4 % et 95,3 % Sidhar 2024. Pour le conflit, le Yergason a le DOR le plus élevé, 4,71 Zhao 2024.
- Adduction croisée (scarf test) : bras en flexion à 90° amené passivement devant le corps ; douleur en cas de pathologie acromio-claviculaire, avec douleur à la palpation directe de l'articulation ; sensibilité 26,9 %, spécificité 88,4 % Sidhar 2024.
La scapula : ce qu'on peut en dire
- Beaucoup de programmes visent la « dyskinésie scapulaire ». Pourtant, chez le sujet sain, la scapula tourne en sonnette externe dès le début de l'élévation, sans phase de calage, et le rythme scapulo-huméral va de 2,86:1 à 3,13:1 selon les modèles ; la différence de sonnette externe au repos entre douloureux et sains est de -6,11° avec une certitude très faible, inférieure à la variabilité normale. La grande variabilité de la cinématique rend difficile la détection de patterns anormaux : la dyskinésie observée n'est pas un signe diagnostique fiable revue systématique avec méta-régression : Fernández-Matías 2025. Les études sur la scapula dans le conflit sont contradictoires Bolia 2021revue narrative : Akhtar 2021.
- Ce qui reste utile : observer la scapula pour orienter la rééducation (stabilisation ou étirements), une raideur postérieure de l'épaule et la dyskinésie étant associées à un espace sous-acromial réduit à l'échographie Bolia 2021.
Imagerie
- Le diagnostic est d'abord clinique : l'examen atteint jusqu'à 90 % de sensibilité dans certaines séries Creech 2026. L'imagerie sert à écarter d'autres diagnostics et à chercher une rupture Creech 2026, dans trois situations selon le consensus : drapeaux rouges, traumatisme, échec de 3 mois de traitement Requejo-Salinas 2022.
- Radiographie : face vraie de Grashey pour l'intervalle acromio-huméral (normal de 7 à 14 mm chez l'homme et 7 à 12 mm chez la femme, réduit en cas d'amincissement ou de rupture), vue de l'échancrure pour la morphologie acromiale, incidence axillaire pour l'os acromiale ; un angle critique de l'épaule supérieur à 35° est associé aux lésions de coiffe Creech 2026Varacallo 2026.
- Échographie : dynamique, sans irradiation, mais dépendante de l'opérateur ; sensibilité 0,96 et spécificité 0,93 pour les ruptures partielles ou transfixiantes Varacallo 2026 ; le tendon sain est brillant et fibrillaire, la tendinose sombre et épaissie, la rupture une interruption des fibres Sidhar 2024.
- IRM : réservée aux cas qui ne s'améliorent pas après 6 semaines ou à la suspicion de rupture importante ; elle précise taille, siège, rétraction et dégénérescence graisseuse Creech 2026Varacallo 2026. Échographie et IRM se valent pour détecter une rupture, et l'arthro-IRM n'apporte rien de plus pour la coiffe May 2026.
4. Traiter
Le cadre : l'exercice en première ligne
- Toutes les sources, quelle que soit leur nature, convergent : la rééducation par l'exercice est la pierre angulaire du traitement, et la chirurgie ne fait pas mieux. Les recommandations de pratique clinique de haute qualité retiennent pour toute douleur d'épaule le paracétamol, les AINS oraux et une rééducation incluant des exercices revue systématique de 26 recommandations : Lowry 2023. L'AAOS donne une recommandation modérée aux exercices et/ou aux AINS quand il n'y a pas de rupture transfixiante chapitre de manuel : Varacallo 2026.
- La méta-analyse en réseau la plus large (89 ECR, n = 5 532) conclut que la plupart des interventions de kinésithérapie ne sont pas supérieures aux exercices isolés de l'épaule, qui peuvent être une première ligne raisonnable ; sa certitude est très faible pour la plupart des comparaisons, ce qui veut dire que de nouvelles études pourraient changer ce classement méta-analyse en réseau : Lazzarini 2026.
- Pourquoi l'exercice marche : la douleur liée à la coiffe est une affaire de charge mal gérée et de contrôle de la tête humérale par les muscles ; renforcer la coiffe et les stabilisateurs de la scapula rétablit l'équilibre des forces qui centrent la tête et réduit le conflit chapitre de manuel : Davis 2026revue narrative : Vargas-Figueroa 2025.
Ce qui marche, par force de preuve
Exercice contre absence de traitement. Les exercices ciblant les muscles de l'épaule réduisent la douleur, SMD -0,79 (IC 95 % -1,33 à -0,26), soit un effet grand mais imprécis, et améliorent la fonction, SMD 0,74 (IC 95 % 0,34 à 1,14) ; preuves très incertaines Lazzarini 2026. Chez des sportifs avec conflit, une rééducation active montre une grande taille d'effet contre absence d'intervention, qualité très faible à modérée revue systématique : Liaghat 2022. En pratique, une rééducation structurée donne des réductions constantes de la douleur et des gains de fonction en environ 12 semaines Vargas-Figueroa 2025.
Exercice contre chirurgie. Pour le conflit, la décompression sous-acromiale n'apporte aucun bénéfice cliniquement significatif par rapport à une arthroscopie placebo ou à un programme d'exercices chapitre de manuel : Creech 2026revue narrative : Bolia 2021 ; l'exercice a le même bénéfice à court, moyen et long terme que l'acromioplastie associée à l'exercice consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022. Pour les ruptures transfixiantes, la réparation donne des différences statistiquement significatives mais inférieures au seuil cliniquement important à 12 et 24 mois certitude faible à modérée : Brindisino 2021 ; le score de Constant ne diffère pas à 12 mois (77,6 contre 72,8) ni à 24 mois (77,9 contre 79,1), la douleur est un peu meilleure après chirurgie à 12 mois (différence -1,08 sur 10), et 35 % des réparations sont re-rompues à l'IRM à un an méta-analyse : Longo 2021. Dans une cohorte de près de 500 ruptures atraumatiques, 75 % des patients traités sans chirurgie rapportaient de bons résultats à 2 ans Varacallo 2026. Nuance à connaître : dans la cohorte norvégienne suivie 10 ans, les résultats du traitement conservateur déclinent et 14 patients sur 51 ont fini par être opérés Longo 2021.
Quel exercice ? Les sources se contredisent, et voici pourquoi.
- Les exercices « spécifiques » (stabilisation scapulaire, mobilisation et étirements, excentrique, proprioception, force de préhension) font un peu mieux que des exercices généraux : douleur SMD -0,31 (IC 95 % -0,46 à -0,16), soit un effet léger, fonction Constant-Murley SMD 0,59 et DASH SMD -0,60, soit un effet modéré méta-analyse de 13 ECR : Wu 2025.
- Le contrôle moteur contre un exercice non spécifique réduit l'incapacité à court terme, SMD -0,29 (IC 95 % -0,51 à -0,07), avec une certitude modérée, sans effet démontré sur la douleur ; les auteurs ne savent pas si c'est le contrôle moteur qui agit ou la progression et l'individualisation du programme méta-analyse de 22 ECR : Lafrance 2024.
- La stabilisation scapulaire contre kinésithérapie conventionnelle diminue la douleur de 0,81 point sur 10 (IC 95 % -1,11 à -0,51, certitude faible) et le SPADI de 10,10 points (certitude très faible), sans changer les amplitudes méta-analyse de 8 ECR : Zhong 2024.
- Le type de contraction : une méta-analyse en réseau bayésienne classe le renforcement concentrique premier pour l'incapacité (SUCRA 99,19 %), devant l'excentrique (80,73 %) et l'entraînement traditionnel (67,88 %) ; mais ce classement repose sur 30 patients pour l'incapacité et 14 pour la douleur, et une seule comparaison est significative pour la douleur Zhang 2025. Pour l'épaule, la synthèse mixte trouve un léger avantage de la souplesse sur le renforcement, taille d'effet 0,18, et un résultat incertain pour la proprioception Cooper 2023.
- Pourquoi ces résultats divergent : Zhang classe le contrôle moteur parmi les moins efficaces alors que Lafrance le trouve légèrement supérieur ; Wu ne trouve pas d'effet de l'excentrique sur la douleur à court terme alors que Zhang le place deuxième. Les populations mélangent conflit, tendinopathie et ruptures partielles, les comparateurs diffèrent (absence de traitement, exercice général, kinésithérapie conventionnelle), les nœuds des réseaux sont parfois minuscules, et toutes les études ont un biais de réalisation Wu 2025Zhang 2025. Ce que toutes disent : le gain des exercices spécifiques sur un exercice général est modeste ; le contenu exact du programme compte moins que le fait de charger progressivement et d'adapter au patient.
Exercice plus autre chose. Combiner l'exercice à une autre modalité conservatrice (injection, électrothérapie) augmente la taille d'effet d'environ 0,1 à 0,3 Cooper 2023 ; associer thérapie manuelle et exercice apporte plus que l'exercice seul Creech 2026, avec de petits bénéfices à court terme Vargas-Figueroa 2025. Dans le réseau, les exercices de l'épaule et de la scapula associés à l'électrolyse percutanée (douleur SMD -1,58) ou au dry needling (fonction SMD 3,10) sont classés premiers en fin de traitement, mais sur des données limitées Lazzarini 2026.
Ondes de choc. Explication générale Elles transmettent des ondes acoustiques au tendon à travers la peau. Contre sham, placebo ou autres traitements : douleur SMD -1,94 (IC 95 % -2,47 à -1,41), fonction Constant-Murley SMD 1,30, abduction non significative n = 1 131 : Xue 2024. Ces effets paraissent énormes, mais l'hétérogénéité est très élevée (I² 91 %), 12 essais présentent des réserves méthodologiques et une méta-analyse antérieure ne trouvait qu'un effet léger contre sham Xue 2024. Les revues cliniques les réservent surtout aux tendinopathies calcifiantes persistantes, où elles sont efficaces, le bénéfice étant moins constant dans les formes non calcifiantes Vargas-Figueroa 2025.
Injections de corticoïdes. Elles soulagent quelques semaines, jusqu'à 8 à 12, ce qui peut servir à rendre la rééducation possible, puis l'effet s'estompe, et les injections répétées peuvent abîmer le tendon Vargas-Figueroa 2025Creech 2026. La méta-analyse de 15 ECR (n = 1 785) confirme : améliorations possibles, petites à modérées, à court terme quand l'injection s'ajoute à la kinésithérapie ; pas plus efficaces seules, ni à moyen et long terme ; les auteurs proposent la kinésithérapie comme traitement de première intention à part entière, certitude modérée à très faible Lazzarini 2025. Les manuels limitent à une injection unique après échec des AINS et des exercices, jamais d'injections multiples sans imagerie ni discussion du risque d'atrophie tendineuse chapitre de manuel : Tapscott 2026.
PRP (plasma riche en plaquettes). Les sources se contredisent. Une méta-analyse de 8 ECR trouve un bénéfice sur la douleur à 12 mois, SMD -0,5 (IC 95 % -0,7 à -0,2), mais aucun à 1 et 3 mois et un biais de publication suspecté A Hamid 2021. Une méta-analyse de 33 ECR sur six tendinopathies, dont 7 sur la coiffe, ne trouve pas de différence claire pour la coiffe, avec une certitude faible à très faible et plus de douleurs au site d'injection Masiello 2022. Contre corticoïde, le corticoïde fait mieux à 6 semaines et 6 mois Bolia 2021. La différence vient des comparateurs (sérum physiologique, rééducation ou dry needling chez A Hamid) et des préparations très variables ; les revues cliniques le jugent à réserver, en complément, à des patients sélectionnés Vargas-Figueroa 2025. Pour les ruptures partielles, une revue de niveau IV rapporte des améliorations Longo 2023.
Modalités passives. Hyperthermie, ultrasons, TENS et laser ont des preuves mitigées et plus faibles que la kinésithérapie structurée Creech 2026 ; ultrasons et TENS n'ajoutent presque rien à l'exercice Vargas-Figueroa 2025 ; les ultrasons n'ont pas montré d'efficacité dans la bursite chapitre de manuel : Faruqi 2026. Une exception isolée : l'hyperthermie contre ultrasons ou exercices pendulaires en tendinopathie du supra-épineux, grande taille d'effet mais un seul essai Liaghat 2022. Laser bas niveau (LLLT), chiffré. Contre un groupe témoin, il réduit modérément la douleur, MD -0,54 (IC 95 % -1,05 à -0,02), et améliore la flexion (MD 4,35), l'abduction (MD 3,72) et la rotation externe (MD 1,96) de l'épaule, mais pas la rotation interne, l'extension ni l'incapacité fonctionnelle évaluée sur son résumé : Chen 2026 ; les auteurs qualifient eux-mêmes cette preuve de basse pour les effets retrouvés et de très basse pour les effets non significatifs. Laser haute contre basse intensité : pas de différence clinique, un seul essai en conflit et pas de comparateur exercice Saleh 2024. Le taping ajouté à la kinésithérapie n'a pas de bénéfice clair Bolia 2021.
Autres. Radiofréquence : résultats globalement positifs sans chiffre groupé, option après échec du traitement conservateur Jain 2024. Nutrition : les oméga-3 ajoutés à l'exercice ne font pas mieux que le placebo, et aucune recommandation diététique n'est possible Hijlkema 2022. Éducation et adaptation des activités : éviter les gestes provocateurs au-dessus de la tête pendant la phase symptomatique puis les réintroduire progressivement Vargas-Figueroa 2025.
Cas particuliers
- Ruptures asymptomatiques découvertes à l'IRM : traitement non opératoire seul, aucune preuve fiable que la chirurgie prévienne l'extension ou les symptômes Varacallo 2026.
- Ruptures partielles : traitement conservateur, la chirurgie n'étant recommandée qu'en cas d'échec ; celles de plus de 50 % de l'épaisseur progressent plus souvent vers une rupture transfixiante chapitre d'imagerie : Llopis 2021.
- Sportif avec conflit interne : correction du déficit de rotation interne et renforcement péri-scapulaire ; un étirement quotidien du type sleeper stretch chez des joueurs de tennis a augmenté la rotation interne et réduit de 38 % les problèmes d'épaule à 2 ans Bolia 2021. Après décompression, seuls 50 % des lanceurs de baseball retrouvent un résultat satisfaisant Bolia 2021.
- Instabilité multidirectionnelle : kinésithérapie supervisée d'au moins 3 à 6 mois, centrée sur la stabilisation scapulaire et le réapprentissage du contrôle neuromusculaire, avant toute chirurgie chapitre de manuel : Dwidmuthe 2026.
- Après une réparation chirurgicale, la rééducation accélérée et la rééducation conservatrice donnent des résultats similaires à 24 mois sans différence de re-rupture Longo 2021Bandara 2021Matlak 2021 ; ces données sortent du champ du module.
Pronostic sous traitement conservateur
- Environ 60 % des patients rapportent un résultat satisfaisant à 2 ans avec kinésithérapie, AINS, injections et adaptation des activités ; la récupération peut être longue et dépend surtout de l'adhésion aux exercices et de la correction des facteurs biomécaniques Creech 2026. Les patients qui répondent au traitement non chirurgical le font en 6 à 12 semaines chapitre de manuel : May 2026. Des attentes faibles envers la rééducation sont le plus fort prédicteur de passage à la chirurgie May 2026.
5. Doser
Ce que le dossier permet, et ne permet pas, de dire
- La dose d'exercice est mal rapportée dans les essais sur les tendinopathies : la plus grande synthèse (110 études, 148 bras, n = 3 953, dont 48 bras en douleur d'épaule liée à la coiffe) repose sur des tailles d'effet pré-post non contrôlées, avec une confiance le plus souvent faible méta-analyse : Pavlova 2023. Aucun essai n'a comparé différentes fréquences ou durées de séance dans la douleur d'épaule liée à la coiffe méta-analyse : Lafrance 2024, et la dose n'est pas modélisée dans la méta-analyse en réseau des types d'exercice Zhang 2025. Les paramètres ci-dessous sont donc des repères, pas des prescriptions.
Contenu du programme
- Phase précoce : contrôle de la douleur et récupération d'une amplitude confortable, avec étirements de la capsule postérieure et du petit pectoral pour les déficits de rotation interne et d'adduction horizontale chapitre de manuel : Creech 2026. Explication générale Pour étirer la capsule postérieure, le patient amène le bras en adduction horizontale devant lui et le plaque contre le corps avec l'autre bras.
- Puis renforcement et contrôle neuromusculaire, introduits quand les symptômes le permettent : coiffe, surtout supra et infra-épineux, pour stabiliser dynamiquement la tête humérale ; stabilisateurs scapulaires, trapèze inférieur et moyen et dentelé antérieur, pour améliorer la sonnette externe et la bascule postérieure ; exercices en chaîne fermée et proprioceptifs Creech 2026. Les revues cliniques décrivent le même programme : stabilisation scapulaire, contrôle moteur, renforcement progressif de la coiffe et des muscles péri-scapulaires revue narrative : Vargas-Figueroa 2025.
- Les essais de douleur d'épaule liée à la coiffe utilisent dans 73 % des cas un travail concentrique et excentrique combiné Pavlova 2023.
Intensité et charge
- Un exercice avec charge externe additionnelle donne une plus grande taille d'effet qu'un exercice au poids du corps seul, β 0,50 (intervalle de crédibilité 95 % 0,15 à 0,84, probabilité 0,998), toutes tendinopathies confondues Pavlova 2023. Autrement dit, charger le tendon davantage vaut mieux que le ménager, à condition de progresser.
- Charge en kilogrammes ou en pourcentage du maximum : donnée non disponible dans les sources.
Séries, répétitions et volume
- Le volume le plus fréquent dans les essais est de 45 répétitions totales par exercice, soit 3 séries de 15 Pavlova 2023.
- L'effet du volume est minimal et incohérent toutes tendinopathies confondues, mais pour l'épaule il existe quelques preuves d'une meilleure efficacité d'un volume élevé Pavlova 2023.
Fréquence
- Moins d'une séance par jour fait mieux qu'une séance quotidienne, β -0,50 (intervalle de crédibilité 95 % -0,88 à -0,11, probabilité 0,992), ou pluriquotidienne Pavlova 2023. Le tendon a besoin de temps entre deux charges.
- Dans les essais de stabilisation scapulaire, la fréquence est de 3 séances par semaine dans la plupart des études méta-analyse : Zhong 2024. Chez le nageur, un programme de force hors de l'eau de moins de 6 exercices, 2 à 3 fois par semaine pendant 6 semaines, améliore davantage la force et l'endurance de la coiffe Davis 2026.
Durée
- Les programmes de stabilisation scapulaire durent de 4 à 12 semaines Zhong 2024. Les gains de douleur et de fonction sont constants en environ 12 semaines de rééducation structurée Vargas-Figueroa 2025, et le consensus recommande au moins 12 semaines d'exercice avant de juger le résultat et de demander une imagerie consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022.
- Les interventions d'exercices spécifiques de moins de 2 mois sont légèrement plus efficaces que celles de 2 mois ou plus méta-analyse : Wu 2025. Les auteurs ne l'expliquent pas ; ce résultat ne doit pas être lu comme une invitation à raccourcir les programmes, alors que les essais conservateurs durent de 3 à 6 mois avant d'envisager autre chose Creech 2026.
Progression
- Les critères précis de progression (douleur tolérée, palier de charge, délai) ne sont pas rapportés : donnée non disponible dans les sources. Ce que les sources donnent : réintroduire graduellement les gestes au-dessus de la tête à mesure que douleur et fonction s'améliorent Vargas-Figueroa 2025 ; chez le sportif, exercices imitant le sport puis reprise à faible kilométrage et vitesse lente tant que le nageur reste sans douleur Davis 2026. L'effet du contrôle moteur pourrait tenir à la progression et à l'individualisation plutôt qu'au type d'exercice Lafrance 2024.
- Pour l'instabilité multidirectionnelle, la progression est décrite par étapes : d'abord le contrôle de la scapula et de la tête humérale en faible élévation, puis des mouvements multiplanaires et fonctionnels, enfin des gestes spécifiques au sport ou au métier, sur au moins 3 à 6 mois chapitre de manuel : Dwidmuthe 2026.
Autres modalités
- Ondes de choc : l'effet sur la douleur est présent aussi bien à une intensité inférieure ou égale à 0,1 mJ/mm² (SMD -1,70) qu'à une intensité supérieure (SMD -1,65) méta-analyse : Xue 2024. Nombre de séances et d'impulsions : donnée non disponible dans les sources.
- Injection de corticoïdes : une seule injection après échec des AINS et des exercices, pas d'injections multiples sans imagerie ni discussion du risque d'atrophie tendineuse chapitre de manuel : Tapscott 2026 ; le bénéfice dure des semaines, jusqu'à 8 à 12 Vargas-Figueroa 2025.
- Après réparation chirurgicale seulement : commencer la mobilisation active assistée avant 5 semaines est associé à plus de re-ruptures (25,6 % contre 14,2 %, OR 0,5), alors que la mobilisation passive dans les 7 jours ne change pas le taux méta-analyse : Longo 2021. Ces paramètres ne s'appliquent pas à la tendinopathie non opérée.
6. Suivre
À quoi servent les questionnaires ici
- Les experts sont clairs : les questionnaires remplis par le patient servent à guider le traitement et à suivre le pronostic, pas à poser le diagnostic consensus Delphi : Requejo-Salinas 2022. Les questionnaires d'épaule sont valides, fiables et sensibles au changement, mais certains ne sont pas spécifiques de l'épaule (le DASH couvre tout le membre supérieur) et peu sont spécifiques de la coiffe Requejo-Salinas 2022.
- L'incapacité est le critère de jugement le plus fréquent dans les études de douleur d'épaule liée à la coiffe Cooper 2023. Les cotations et les seuils de changement sont donnés ci-dessous quand les sources les rapportent ; quand ils manquent, c'est signalé. Une revue systématique de 71 études conclut que SPADI, DASH et ASES ont des propriétés acceptables pour l'usage clinique, avec une fiabilité excellente (ICC d'au moins 0,90) et de fortes corrélations entre eux Roy 2009.
Douleur
- Échelle visuelle analogique (EVA) : Explication générale le patient marque sa douleur sur une ligne allant de l'absence de douleur à la pire douleur imaginable. Critère principal de la plupart des méta-analyses Xue 2024Zhong 2024Wu 2025A Hamid 2021Longo 2021.
- Échelle numérique (NPRS) : Explication générale le patient donne un nombre entre l'absence de douleur et la pire douleur imaginable. Regroupée avec l'EVA dans la méta-analyse en réseau des types d'exercice Zhang 2025.
- Ce que vaut un changement : dans la comparaison chirurgie contre traitement conservateur, une différence de -1,08 point sur 10 était statistiquement significative Longo 2021, mais une autre méta-analyse rappelle que des différences de cet ordre restent sous la différence minimale cliniquement importante Brindisino 2021 ; la valeur exacte du seuil n'est pas donnée : donnée non disponible dans les sources.
Douleur et fonction combinées
- Shoulder Pain and Disability Index (SPADI) : questionnaire de douleur et d'incapacité de l'épaule, 13 items en deux domaines, 5 de douleur et 8 d'incapacité, chacun coté sur une échelle visuelle ou numérique de 0 à 10 ; chaque sous-échelle est ramenée sur 100 et la moyenne des deux donne le score total sur 100, un score élevé signifiant plus de gêne ; il se remplit en moins de cinq minutes fiche d'outil : Breckenridge 2011. Seuils : la différence minimale cliniquement importante est de 8 points, et le changement minimal détectable en usage répété de 18 points, un changement inférieur pouvant relever de l'erreur de mesure Breckenridge 2011Roy 2009. Chez 356 patients de kinésithérapie de soins primaires, le score initial moyen était de 46,7, le changement minimal important de 20 points, soit 43 % de la valeur initiale, et le plus petit changement détectable de 19,7 points : pour un patient donné, il faut donc une baisse d'environ 20 points pour conclure à une amélioration réelle cohorte : Thoomes-de Graaf 2017. Utilisé dans les essais de stabilisation scapulaire, où il baisse de 10,10 points de plus qu'avec la kinésithérapie conventionnelle Zhong 2024, et dans les études de PRP Masiello 2022A Hamid 2021, d'exercice Zhang 2025, de ruptures partielles Longo 2023 et de médecine du sport Liaghat 2022. Cité par le consensus parmi les questionnaires de référence Requejo-Salinas 2022.
- Western Ontario Rotator Cuff Index (WORC) : développé spécifiquement pour la coiffe Masiello 2022 ; c'est l'échelle la plus sensible au changement après réparation de coiffe, avec une moyenne de réponse standardisée de 2,0, devant le Simple Shoulder Test (1,8) et le DASH (1,6), le SF-36 étant le moins sensible MacDermid 2006 ; utilisé dans les essais d'exercice et de PRP Zhong 2024Zhang 2025A Hamid 2021 et cité avec le Rotator Cuff Quality of Life parmi les rares outils spécifiques de la coiffe Requejo-Salinas 2022.
Fonction et incapacité
- Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand (DASH) et sa version courte QuickDASH : incapacité de tout le membre supérieur (Explication générale plus le score est haut, plus l'incapacité est grande) ; critère de fonction dans plusieurs méta-analyses Wu 2025Zhong 2024Zhang 2025Masiello 2022A Hamid 2021Liaghat 2022. Il n'est pas spécifique de l'épaule Requejo-Salinas 2022. Seuils : différence minimale cliniquement importante d'environ 10,2 points et changement minimal détectable d'environ 10,5 points Roy 2009.
- Score de Constant-Murley : associe douleur, activités, amplitudes et force ; utilisé pour les ondes de choc Xue 2024, les exercices spécifiques Wu 2025, la comparaison chirurgie contre traitement conservateur, où il vaut 77,6 après chirurgie et 72,8 sans à 12 mois Longo 2021, et la rééducation postopératoire Bandara 2021Longo 2021. Dans l'instabilité, il évalue fonction, force et amplitudes Dwidmuthe 2026.
- American Shoulder and Elbow Surgeons (ASES) : douleur et activités quotidiennes ; différence minimale cliniquement importante d'environ 6,4 points et changement minimal détectable d'environ 9,4 points Roy 2009 ; ondes de choc Xue 2024, PRP Masiello 2022A Hamid 2021, ruptures partielles Longo 2023.
- Score UCLA de l'épaule : ondes de choc Xue 2024 et suivi postopératoire Zhao 2021.
- Simple Shoulder Test : stabilisation scapulaire Zhong 2024 et rééducation postopératoire Longo 2021 ; très sensible au changement après chirurgie, moyenne de réponse standardisée de 1,8 mais ses seuils de changement minimal ne sont pas définis MacDermid 2006Roy 2009.
- Oxford Shoulder Score : utilisé dans l'essai d'oméga-3, avec 25 % d'amélioration dans les deux groupes Hijlkema 2022.
Qualité de vie
- EQ-5D : rapporté dans la revue sur les ruptures partielles Longo 2023.
Mesures physiques et tests fonctionnels
- Amplitudes et force : le suivi des amplitudes est utilisé comme critère Xue 2024, mais les exercices spécifiques n'améliorent pas plus les amplitudes que la kinésithérapie conventionnelle Zhong 2024 ni la force Bolia 2021 : la douleur et la fonction sont de meilleurs marqueurs de progrès.
- Tests fonctionnels : les experts les jugent pertinents pour les patients peu symptomatiques ou en fin de rééducation, et comme base des procédures de modification des symptômes, mais aucun test fonctionnel isolé n'a fait consensus Requejo-Salinas 2022.
- Chez le sportif, le déficit de rotation interne (GIRD) se suit en comparant les deux épaules : 10 à 15° sont courants chez le lanceur sain, un déficit plus grand est corrélé au conflit interne symptomatique Bolia 2021.
- Sommeil et facteurs psychosociaux : la douleur liée à la coiffe perturbe le sommeil, et les troubles du sommeil vont avec anxiété et dépression, ce qui justifie une évaluation psychologique Requejo-Salinas 2022. Outil précis : donnée non disponible dans les sources.
Ce qui manque
- Les seuils de changement du SPADI, du DASH et de l'ASES viennent d'études sur des douleurs d'épaule mixtes ou de populations opérées, pas spécifiquement de la tendinopathie de la coiffe Roy 2009Thoomes-de Graaf 2017MacDermid 2006 ; les seuils du WORC, du Constant-Murley et de l'EVA dans cette population : donnée non disponible dans les sources.
Écouter
Le module en épisodes de huit minutes, une question par épisode. Voix de synthèse, texte tiré du module et vérifié. Flux du podcast pour votre application.
- 1. Épaule douloureuse : ce que tu dois savoir03:28
- 2. Épaule faible : quel test confirme la rupture ?05:28
- 3. Épaule faible sans douleur : rupture ou nerf ?05:01
- 4. Épaule douloureuse : combien d'exercice, quelle charge ?04:55
- 5. Infiltration de l'épaule : combien de temps ça tient ?04:50
- 6. Rupture de coiffe : opérer ou rééduquer ?04:41
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5 questions, réponse immédiate. Votre score reste dans ce navigateur, rien n’est envoyé.
1. Un patient a une faiblesse franche de l'épaule et vous suspectez une rupture de coiffe. Quel test clinique confirme le mieux cette rupture ?
Réponse : A. Un lag sign positif confirme presque une rupture : on place le bras en rotation externe maximale, on lâche, et il retombe en rotation interne. Le drop arm, plus connu, n'est pas discriminant pour la rupture dans la méta-analyse (DOR non significatif), et le Hawkins teste le conflit, pas la rupture.
Dans le module : « à 90°, c'est le test le plus discriminant du dossier pour la rupture, DOR 12,70 » (Zhao, 2024, 10.1186/s12891-024-08144-z)
2. Le test de Hawkins-Kennedy est positif chez un patient qui a mal à l'épaule. Que pouvez-vous en conclure ?
Réponse : C. Sensibilité 80 % mais spécificité 56 % : beaucoup d'épaules sans conflit sont positives (capsulite, conflit interne du sportif). Il ne teste pas la rupture non plus ; pour cela, ce sont les lag signs. Le signe le plus indicatif reste la douleur en abduction et rotation externe résistées.
Dans le module : « sensible mais peu spécifique, donc un test négatif rassure plus qu'un test positif ne confirme » (Sidhar, 2024, 10.3122/jabfm.2024.240114r2)
3. Vous prescrivez un programme de renforcement pour une douleur d'épaule liée à la coiffe. Quel dosage est le mieux soutenu par les données ?
Réponse : D. Un exercice avec charge externe fait mieux qu'un exercice au poids du corps seul, et moins d'une séance par jour fait mieux qu'une séance quotidienne : le tendon a besoin de temps entre deux charges. Ménager le tendon au poids du corps tous les jours cumule donc les deux mauvais choix.
Dans le module : « Dose : charge externe plutôt que poids du corps, moins d'une séance par jour, 3 séries de 15 le plus souvent » (Pavlova, 2023, 10.1136/bjsports-2022-105754)
4. Un patient consulte pour une douleur d'épaule qui descend jusqu'à la main, avec des fourmillements. Que faites-vous en premier ?
Réponse : B. Dans la douleur liée à la coiffe, il n'y a ni douleur projetée du rachis ni symptôme neurologique : une irradiation lointaine avec fourmillements fait craindre une radiculopathie cervicale ou un défilé thoracique. L'échographie ne répond pas à cette question et risque de trouver une rupture silencieuse sans rapport avec la plainte.
Dans le module : « On examine le cou avant l'épaule : amplitudes, palpation, manœuvre de Spurling, réflexes et examen neurovasculaire, pour ne pas prendre une radiculopathie pour une coiffe » (Varacallo, 2026, NBK532270)
5. Un patient vous demande si une infiltration de corticoïdes ne serait pas plus efficace que la rééducation. Que lui répondre ?
Réponse : C. Le bénéfice dure des semaines, jusqu'à 8 à 12, puis s'estompe ; les injections répétées peuvent abîmer le tendon, d'où une injection unique après échec des AINS et des exercices. Elle ne remplace pas la kinésithérapie, proposée comme traitement de première intention à part entière.
Dans le module : « Corticoïdes : soulagement transitoire de quelques semaines, pas plus efficaces que la kinésithérapie à moyen et long terme » (Lazzarini, 2025, 10.1093/ptj/pzaf006)
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- Multidirectional Shoulder InstabilityDwidmuthe SC, Roberts CC, Pinkerman S · 2025 · StatPearls (NCBI Bookshelf)
Module rédigé par une intelligence artificielle à partir des 52 études citées ci-dessus et vérifié par un programme (références et chiffres). Chaque affirmation renvoie à sa source. 6 passage(s) marqués « Explication générale » sont des explications du rédacteur, sans chiffre, non tirées d'une étude du dossier. Définitions de méthode rédigées par l'IA pour la lecture ; elles ne viennent pas des études citées.