L'essentiel
- La gonarthrose est une maladie dégénérative qui touche l'ensemble de l'articulation (cartilage, os sous-chondral, synoviale, ligaments, muscles périarticulaires) et n'est pas une simple conséquence de l'âge ; c'est la localisation la plus fréquente de l'arthrose, 60 à 85 % des cas mondiaux, avec une incidence 1,39 fois plus élevée chez la femme Katz 2021Hsu 2026Langworthy 2024.
- Les critères ACR (histoire et examen clinique seuls) posent le diagnostic devant une douleur chronique du genou associée à au moins 3 des 6 signes suivants : âge > 50 ans, raideur matinale < 30 minutes, crépitements, sensibilité osseuse, hypertrophie osseuse, absence de chaleur synoviale, avec une sensibilité de 95 % et une spécificité de 69 % Vanneste 2024.
- Drapeaux rouges à repérer : fièvre, traumatisme, ostéoporose, cancer, thrombose veineuse profonde ou artériopathie périphérique imposent des investigations et une imagerie ; une raideur matinale > 30 minutes avec douleurs multiples et symptômes systémiques doit faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde Vanneste 2024 ; Explication générale après une infiltration, le drapeau rouge à connaître est l'arthrite septique, c'est-à-dire une infection de l'articulation.
- L'intensité des symptômes ne reflète pas fidèlement la sévérité radiographique : jusqu'à 25 % des patients au grade IV de Kellgren-Lawrence ne ressentent aucune douleur au genou Vanneste 2024.
- Ce qui marche le mieux : l'exercice aérobie diminue la douleur avec une certitude de preuve modérée (SMD -1,10 à court terme) et améliore aussi la fonction Yan 2025, et une perte de 5 à 10 % du poids corporel apporte une amélioration cliniquement significative Liu 2025.
- Les AINS sont soutenus par une preuve forte et supérieurs au paracétamol (NNT 4,5 à 9,8), dont l'effet contre placebo n'est pas cliniquement pertinent ; la glucosamine et la chondroïtine ne sont pas recommandées, preuve jugée forte contre Vanneste 2024Shtroblia 2025Hsu 2026.
- Ce qui ne marche pas de façon certaine : l'acide hyaluronique donne des résultats contradictoires selon les sources ; la chirurgie (prothèse totale de genou) reste réservée aux formes sévères ou aux échecs du traitement conservateur, environ la moitié des patients diagnostiqués finissant par en bénéficier Vanneste 2024.
- Dose de l'exercice : renforcement à 2-3 jours non consécutifs/semaine, charge débutant à 10 % d'une répétition maximale (1RM) et progressant jusqu'à 40-60 %, 15-20 répétitions en intensité légère ou 10-15 en intensité modérée ; aérobie au moins 150 minutes/semaine sur 3 jours, séances débutant à 5-10 minutes puis progressant jusqu'à 20-30 minutes/jour Liu 2025.
- Dose des corticoïdes intra-articulaires (repère médical) : triamcinolone 20 à 40 mg, prednisolone 50 mg, méthylprednisolone 40 à 120 mg Vanneste 2024.
- Suivi : le WOMAC est l'échelle la plus citée dans le dossier Yan 2025 ; les bénéfices de l'exercice se perdent après 6 mois d'arrêt du programme, ce qui justifie un maintien à long terme de l'activité Hsu 2026.
1. Comprendre la pathologie
Anatomie utile
Le genou associe deux articulations fonctionnelles : le compartiment fémoro-tibial, entre le fémur et le tibia (lui-même divisé en un versant médial et un versant latéral), et le compartiment fémoro-patellaire, entre la rotule et la trochlée fémorale — ce dernier peut être testé isolément par une manœuvre de compression de la rotule contre le fémur, à la recherche d'une douleur rétro-rotulienne (test de rabotage rotulien), utilisée pour orienter vers une chondromalacie (ramollissement du cartilage rotulien) ou une arthrose fémoro-patellaire Hsu 2026Deng 2023. La gonarthrose n'est pas une maladie du seul cartilage : elle touche l'ensemble de l'articulation, c'est-à-dire le cartilage, l'os sous-chondral, la membrane synoviale, les ligaments, les muscles périarticulaires et la graisse péri-articulaire Katz 2021Shumnalieva 2023. L'alignement entre la hanche, le genou et la cheville détermine la répartition des charges entre ces compartiments : une rotation interne du membre (pronation) augmente la charge sur le compartiment médial, ce qui relie certaines déformations du pied, comme le pied plat, à une atteinte préférentielle du cartilage fémoro-tibial médial Liang 2025.
Mécanisme de la gonarthrose (physiopathologie)
La gonarthrose est une maladie dégénérative : elle entraîne une perte progressive du cartilage articulaire et un remodelage de l'os sous-chondral, du fibrocartilage et de la synoviale Vanneste 2024. On distingue une arthrose primaire, dégénérative et sans cause identifiée, d'une arthrose secondaire, qui fait suite soit à un traumatisme (concentration anormale des forces sur l'articulation), soit à une autre maladie articulaire comme la polyarthrite rhumatoïde Hsu 2026Vanneste 2024. Bien que fortement liée au vieillissement, la gonarthrose n'est pas une simple conséquence de l'âge : c'est une maladie à part entière Hsu 2026.
Au niveau tissulaire, deux familles d'enzymes de dégradation, les métalloprotéinases matricielles et les enzymes apparentées, sont surexprimées dans le cartilage arthrosique : elles rompent l'équilibre normal entre fabrication et destruction de la matrice cartilagineuse, ce qui entraîne une perte globale de collagène et de protéoglycanes, les deux composants qui donnent au cartilage sa résistance Hsu 2026. L'inflammation joue aussi un rôle dans ce processus : l'interleukine-1 (IL-1), une molécule de signalisation qui entretient l'inflammation locale de l'articulation, est une cytokine clé associée à la physiopathologie de l'arthrose De la Vega 2025. La pathogenèse résulte ainsi d'une interaction entre facteurs biomécaniques (charges anormales, traumatisme), inflammatoires et métaboliques, qui aboutit à la fois à la dégradation du cartilage, à une inflammation de la synoviale (synovite) et à des anomalies de l'os sous-chondral Vanneste 2024Jiang 2024Zhu 2024.
L'obésité illustre bien cette double composante mécanique et métabolique : au-delà de la surcharge pondérale sur l'articulation, le tissu adipeux libère des cytokines pro-inflammatoires et des adipokines qui ont des effets délétères directs sur le cartilage, augmente la production d'enzymes protéolytiques (métalloprotéinases, agrécanases) et favorise un stress oxydatif lié à la dyslipidémie Shumnalieva 2023Batushansky 2021. Une perte de masse et de force musculaire associée à cette adiposité, appelée obésité sarcopénique, pourrait encore augmenter le risque de gonarthrose, au-delà de l'effet de chacun de ces deux facteurs pris séparément Balogun 2024. Un traumatisme du genou peut, de son côté, provoquer une inflammation du cartilage et modifier durablement la biomécanique articulaire, ce qui favorise à son tour l'apparition d'une gonarthrose Dong 2023.
Une conséquence importante de ces altérations est le développement d'une faiblesse musculaire et d'une amyotrophie (fonte du muscle), en particulier du quadriceps, présente dès les stades précoces même en l'absence de douleur ou de fonte visible du muscle Liu 2025Jiang 2024. Plus la sévérité radiographique augmente selon la classification de Kellgren-Lawrence — un grade de 0 à IV basé sur les anomalies visibles à la radiographie, le grade I correspondant à des signes minimes et le grade IV à des ostéophytes volumineux, un pincement marqué de l'interligne, une sclérose sévère et une déformation osseuse nette Langworthy 2024 —, plus l'activation musculaire du genou se modifie progressivement pendant la marche Liu 2025. Les patients présentent aussi des déficits de proprioception, c'est-à-dire de perception de la position du genou dans l'espace, en plus des altérations articulaires elles-mêmes, ce qui augmente leur risque de chute Kostro 2024.
Malgré ces mécanismes de plus en plus détaillés, certains auteurs soulignent que la physiopathologie précise de la gonarthrose reste mal comprise, ce qui pourrait expliquer l'effet modeste des traitements pharmacologiques actuels sur son évolution Restuccia 2022. Le dossier ne permet pas de trancher entre cette vision encore incomplète et les mécanismes moléculaires détaillés décrits par d'autres sources ; les deux lectures coexistent dans la littérature. Ce qui fait consensus, en revanche, c'est qu'aucun médicament modificateur de la maladie, c'est-à-dire capable d'en ralentir la progression structurale, n'est à ce jour approuvé, et que la gonarthrose reste incurable, sans thérapie régénérative ni procédure capable d'arrêter la destruction progressive de l'articulation Vanneste 2024Si-Hyeong Park 2025Dantas 2021.
Présentation clinique typique
Le patient type est une personne d'âge mûr ou âgé : la prévalence de la gonarthrose augmente nettement avec l'âge (chiffres détaillés dans la partie épidémiologie), et le genou est, de loin, l'articulation la plus souvent touchée par l'arthrose toutes localisations confondues Langworthy 2024Shtroblia 2025. Les symptômes s'installent de façon insidieuse, c'est-à-dire progressive et sans épisode déclenchant net, et s'aggravent au fil du temps Vanneste 2024Hsu 2026. Les symptômes cliniques les plus courants sont une douleur du genou d'apparition progressive et aggravée par l'activité, une raideur et un gonflement du genou, une douleur après une position assise ou un repos prolongé, et une douleur qui s'aggrave avec le temps Hsu 2026.
Au stade précoce, la douleur et la raideur sont les symptômes prédominants Xiang 2024. La douleur est alors intermittente et liée à la mise en charge : elle survient à la marche, à la montée d'escaliers ou après une position assise ou un repos prolongés Hsu 2026. La raideur touche typiquement le réveil : les critères diagnostiques cliniques retiennent une durée de moins de 30 minutes le matin, ce qui la distingue d'une raideur inflammatoire plus prolongée (voir plus loin, drapeaux rouges) Vanneste 2024. À mesure que la maladie progresse, la douleur peut devenir antérieure et étendue, avec une irradiation distale, dans les formes modérées à sévères, puis apparaître au repos et perturber le sommeil au stade avancé Chen 2024. Les patients rapportent souvent des poussées douloureuses, pouvant durer jusqu'à 72 heures, associant gonflement, chaleur locale accrue, majoration de la douleur et gêne fonctionnelle Vanneste 2024.
La douleur de la gonarthrose est le plus souvent nociceptive, c'est-à-dire liée directement à l'irritation des tissus articulaires. Environ 35 % des patients présentent aussi des caractéristiques nociplastiques, une amplification de la douleur par le système nerveux central lui-même, au-delà de ce que justifient les lésions locales ; des caractéristiques neuropathiques, c'est-à-dire liées à une atteinte des nerfs, s'observent occasionnellement dans les genoux les plus sévèrement atteints Vanneste 2024. Un gonflement du genou par épanchement articulaire, c'est-à-dire une accumulation de liquide dans l'articulation, est retrouvé chez environ 55 % des patients qui ont à la fois une douleur du genou et une arthrose visible à la radiographie ; cet épanchement s'accompagne typiquement d'une douleur, d'une amplitude articulaire réduite et d'une faiblesse du quadriceps Elsawy 2023.
Il existe un décalage fréquent entre ce que montre la radiographie et ce que ressent le patient. Selon une revue narrative, la proportion de patients ayant une douleur du genou qui ont effectivement une arthrose visible à la radiographie varie de 15 % à 76 % selon les études, et parmi les patients dont l'arthrose est confirmée à la radiographie, seuls 15 % à 81 % ressentent une douleur ; jusqu'à 25 % des patients ayant le stade radiographique le plus sévère (grade IV de Kellgren-Lawrence) ne ressentent aucune douleur au genou Vanneste 2024. Un chapitre de référence retient une proportion plus resserrée : seulement 15 % des patients ayant des signes radiographiques de gonarthrose seraient symptomatiques Hsu 2026. Le dossier ne permet pas de trancher entre ces deux estimations, issues de sources différentes ; il en retient surtout le message clinique commun, à savoir que l'intensité des symptômes ne reflète pas fidèlement la sévérité radiographique.
Les patients atteints de gonarthrose présentent aussi des troubles de l'équilibre, de la fonction et de la posture par rapport à des personnes saines, avec un risque de chute accru lié à des déficits de proprioception (perception de la position du genou dans l'espace) qui s'ajoutent aux altérations articulaires Kostro 2024. Une instabilité du genou peut également être présente : elle est liée à la force des muscles fléchisseurs et extenseurs du genou et influence la vitesse de marche Gu 2022.
Deux types de tableaux doivent alerter le kinésithérapeute et faire évoquer un autre diagnostic. Des douleurs articulaires multiples, une raideur matinale de plus de 30 minutes et des symptômes systémiques associés doivent faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde ou une autre arthropathie inflammatoire et justifient une consultation de rhumatologie ; une fièvre, un traumatisme récent, une ostéoporose connue, un antécédent de cancer, une thrombose veineuse profonde ou une artériopathie périphérique doivent faire craindre un diagnostic différentiel grave et justifient des investigations complémentaires et une imagerie Vanneste 2024. Explication générale Après tout geste invasif sur l'articulation (infiltration ou ponction), un drapeau rouge à connaître est l'arthrite septique, c'est-à-dire une infection de l'articulation, qui se manifeste par une douleur, un gonflement et une chaleur locale marqués, le plus souvent avec de la fièvre.
Sur le plan évolutif, la maladie n'a pas de traitement curatif ni de rémission spontanée connue à ce jour Dantas 2021. Environ la moitié des patients ayant un premier diagnostic de gonarthrose symptomatique finiront par bénéficier d'une prothèse totale de genou, qui représente le poste de coût médical direct le plus élevé de cette pathologie Vanneste 2024. Après cette chirurgie, entre 10 % et 35 % des patients gardent une douleur persistante, avec un retentissement important chez 15 % d'entre eux Vanneste 2024. Une ostéotomie tibiale de valgisation, une intervention chirurgicale qui corrige l'axe du tibia pour décharger le compartiment atteint, peut retarder le recours à une prothèse jusqu'à 10 ans dans certains cas Hsu 2026.
Épidémiologie et facteurs de risque
L'arthrose, toutes localisations confondues, est la maladie articulaire la plus fréquente et le motif le plus courant de limitation d'activité chez l'adulte Katz 2021. Le genou en est, de loin, l'articulation la plus souvent touchée : selon les sources, il représente entre 60 % et 85 % de l'ensemble des cas mondiaux d'arthrose Langworthy 2024, une proportion proche de 85 % étant également retrouvée dans deux autres revues Shtroblia 2025Liu 2024, et il concentrerait 60,8 % du poids global d'incapacité lié à l'arthrose Liu 2025. Le nombre de personnes touchées augmente avec le temps : la prévalence mondiale de l'arthrose a progressé de 114 % entre 1990 et 2019 Shumnalieva 2023 et de 28 % entre 2010 et 2019 Moseng 2024 ; pour la gonarthrose spécifiquement, une hausse d'environ 75 % est projetée entre 2020 et 2050 Liu 2025Zhu 2024Balogun 2024.
Les estimations chiffrées du nombre de personnes touchées varient beaucoup d'une source à l'autre. Cela tient à des années de publication différentes, à des méthodes de calcul différentes et à des périmètres différents (arthrose toutes articulations confondues, ou gonarthrose isolément) ; le dossier ne permet pas de désigner l'une de ces estimations comme définitive, mais toutes convergent vers un fardeau majeur et croissant :
| Source (type d'étude) | Périmètre | Estimation |
|---|---|---|
| Katz, 2021, 10.1001/jama.2020.22171 (revue narrative) | Arthrose, monde / États-Unis | > 240 millions de personnes dans le monde ; > 32 millions aux États-Unis |
| Moseng, 2024, 10.1136/ard-2023-225041 (recommandations EULAR) | Arthrose, monde | > 500 millions de personnes, soit ~6 % de la population mondiale |
| Langworthy, 2024, 10.1177/1759720x241273009 (revue narrative) | Arthrose, monde / États-Unis | ~528 millions de personnes (23 % des ≥ 40 ans) ; prévalence la plus élevée au monde aux États-Unis (9 961 pour 100 000 personnes) |
| Balogun, 2024, 10.1016/j.ocarto.2024.100489 (revue narrative) | Arthrose, monde | ~654 millions de personnes |
| Si-Hyeong Park, 2025, 10.1016/j.ocarto.2025.100596 (revue narrative) | Arthrose, monde / États-Unis | ~300 millions de personnes dans le monde ; ~30,8 millions aux États-Unis |
| Ma, 2022, 10.1186/s13018-022-03069-6 (méta-analyse) | Arthrose, monde | ~250 millions de personnes |
| Liu, 2025, 10.1186/s40001-025-03083-4 (revue narrative) | Gonarthrose, monde (2020) | ~365 millions de personnes |
| Xiang, 2024, 10.2196/54876 (méta-analyse) | Gonarthrose, monde | > 260 millions de personnes ; 26,8 % des personnes de 60 ans |
| Vanneste, 2024, 10.1111/papr.13408 (revue narrative) | Gonarthrose, monde | 16,0 % des ≥ 15 ans ; 22,9 % des ≥ 40 ans |
| Chen, 2024, 10.1007/s11916-024-01242-6 (méta-analyse) | Gonarthrose, monde | 22,9 % des ≥ 40 ans (chiffre qui concorde avec Vanneste, 2024) |
| Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 (méta-analyse) | Gonarthrose, États-Unis (2008-2014) | ~32,5 millions de personnes, soit 14 % de la population américaine |
| Sasaki, 2022, 10.1371/journal.pone.0275591 (méta-analyse) | Gonarthrose, après 60 ans | 37,4 % |
Sur le plan de l'âge : 33 % des personnes de plus de 75 ans ont une gonarthrose à la fois symptomatique et confirmée à la radiographie Katz 2021. Environ 13 % des femmes et 10 % des hommes de 60 ans et plus ont une gonarthrose symptomatique, une proportion qui atteint jusqu'à 40 % après 70 ans Hsu 2026. Le risque de développer une gonarthrose symptomatique au cours de la vie est estimé à environ 45 % en moyenne (40 % chez l'homme, 47 % chez la femme), et grimpe à 60,5 % chez les personnes obèses, soit environ le double du risque des personnes de poids normal Shtroblia 2025. Sur le plan du sexe, l'incidence de la gonarthrose est 1,39 fois plus élevée chez la femme que chez l'homme, et sa prévalence 1,69 fois plus élevée Langworthy 2024.
Les facteurs de risque de la gonarthrose comprennent l'âge avancé, en particulier au-delà de 55 ans, l'obésité, le sexe féminin, un antécédent de lésion du genou et des facteurs professionnels Vanneste 2024. Environ 10 % à 15 % des cas de gonarthrose sont attribués à un traumatisme antérieur du genou Vanneste 2024. Deux méta-analyses ont chiffré ces facteurs de risque sous forme d'odds ratio (OR), une mesure qui compare la fréquence d'un événement entre deux groupes : un OR supérieur à 1 signifie que le facteur augmente le risque, un OR inférieur à 1 qu'il le diminue.
| Facteur | Source (population) | Mesure du risque |
|---|---|---|
| Âge, par année après 40 ans | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 (méta-analyse, 60 354 participants) | OR 1,02 [IC95 % 1,01-1,03] |
| Âge, par année, cohorte chinoise > 50 ans | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 (cohorte prospective, 1 295 participants) | OR 1,079 [IC95 % 1,042-1,117] |
| IMC ≥ 24 kg/m² | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 1,30 [IC95 % 1,09-1,56] |
| Surpoids | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 | OR 2,086 [IC95 % 1,286-3,385] |
| Sexe féminin | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 1,04 [IC95 % 1,00-1,09] |
| Sexe féminin | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 | OR 1,756 [IC95 % 1,074-2,877] |
| Antécédent de traumatisme du genou | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 1,37 [IC95 % 1,03-1,82] |
| Amplitude articulaire réduite (par degré en moins) | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 | OR 0,952 [IC95 % 0,923-0,983] |
| Grade I de Kellgren-Lawrence à l'inclusion (risque de progression) | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 | OR 8,527 [IC95 % 5,489-13,246] |
| Pratique d'une activité physique (facteur protecteur) | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 0,75 [IC95 % 0,62-0,91] |
| Niveau d'études secondaires (facteur protecteur) | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 0,49 [IC95 % 0,30-0,79] |
| Niveau d'études universitaires (facteur protecteur) | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 | OR 0,22 [IC95 % 0,06-0,86] |
Le poids de l'âge et du surpoids diffère nettement entre ces deux sources : le risque associé à l'âge et au surpoids apparaît beaucoup plus élevé dans la cohorte chinoise de Zhang, 2021 (1 295 participants de plus de 50 ans) que dans la méta-analyse de Dong, 2023 (60 354 participants, regroupant de nombreuses études). Le dossier permet d'expliquer en partie cet écart : la méta-analyse regroupe des populations et des définitions plus hétérogènes, ce qui tend à diluer les associations, tandis que l'étude de cohorte unique porte sur une population plus homogène et plus âgée d'emblée. Le dossier ne permet toutefois pas de trancher quelle estimation est la plus proche de la réalité pour un patient donné. Une étude cas-témoins distincte retrouve, dans le même sens, l'âge supérieur ou égal à 50 ans, un IMC supérieur ou égal à 35 et la station debout prolongée au travail comme facteurs prédictifs significatifs de la gonarthrose Elshaarawy 2024.
Une gonarthrose peut aussi apparaître après une lésion isolée du genou, en dehors de tout surpoids ou avancée en âge. Après une reconstruction du ligament croisé antérieur, le risque d'arthrose structurale du genou (visible en imagerie) est multiplié par 2,31 en cas de lésion cartilagineuse associée, par 1,87 en cas de méniscectomie partielle associée et par 3,14 en cas de méniscectomie totale du ménisque médial associée, avec un niveau de certitude très faible pour ces trois estimations Whittaker 2022. L'arthrose post-traumatique représenterait ainsi au moins 12 % de l'ensemble des cas d'arthrose, soit environ 36 millions de personnes dans le monde, et toucherait fréquemment le genou Whittaker 2022. Des déformités du pied sont par ailleurs corrélées à la sévérité radiographique de la gonarthrose : l'hallux valgus (déviation du gros orteil) et le pied plat sont tous deux corrélés positivement au grade de Kellgren-Lawrence (coefficients de Spearman respectifs de 0,681 et 0,689), et un genu varum (déviation du genou vers l'extérieur) est associé de façon significative à une tendinite de la patte d'oie chez ces patients Liang 2025. Ces liens sont statistiques et ne permettent pas d'établir une causalité, du fait du caractère transversal de l'étude qui les a mis en évidence Liang 2025.
Au-delà de l'articulation elle-même, la gonarthrose s'accompagne fréquemment de comorbidités qu'un kinésithérapeute doit connaître avant de prescrire de l'exercice : 78 % des patients atteints de gonarthrose présentent au moins un facteur de risque cardiovasculaire modifiable, avec les fréquences suivantes : obésité 45,5 %, hypertension artérielle 40,2 %, risque cardiovasculaire à 10 ans intermédiaire à élevé selon le score de Framingham chez 40 % des patients, diabète 25 %, tabagisme 17 % et taux de LDL élevé chez 8,1 % Wagan 2023.
Ces facteurs de risque et ce fardeau se traduisent par un coût humain et économique important, dont les mesures varient selon l'indicateur retenu. Une revue narrative sur la gonarthrose chronique estime son coût socio-économique à plus de 140 000 dollars par personne aux États-Unis en 2013 Vanneste 2024. Chez les personnes arthrosiques les plus sédentaires, la mortalité toutes causes ajustée sur l'âge est supérieure de 20 % par rapport aux personnes plus actives Katz 2021. Une troisième revue rapporte des coûts médicaux directs annuels par patient allant de 9 801 dollars pour une maladie légère à 22 111 dollars pour une maladie sévère, des coûts directs totaux représentant 1 % à 2,5 % du produit national brut aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Australie, et environ 72 milliards de dollars de coûts médicaux directs aux États-Unis Langworthy 2024. Ces trois chiffres mesurent des choses différentes (un coût socio-économique global par personne, une surmortalité liée à la sédentarité, et des coûts médicaux directs annuels) et ne sont donc pas directement comparables ; le dossier ne permet pas de les réconcilier en une estimation unique. Sur le plan fonctionnel, l'arthrose réduit la capacité de travail chez 66 % des patients américains atteints et augmente l'absentéisme chez 21 % d'entre eux Langworthy 2024 ; elle était, en 2019, la 15ᵉ cause mondiale d'années vécues avec incapacité, responsable à elle seule de 2 % du total mondial de ces années perdues Moseng 2024, la douleur liée à l'arthrose représentant à elle seule 2,4 % de ce total Langworthy 2024. Enfin, les patients avec une gonarthrose symptomatique ou radiographique ont une mortalité plus élevée (respectivement 15,7 et 14,1 décès pour 1 000 personnes-années) que les personnes sans gonarthrose ni douleur du genou (9,4 décès pour 1 000 personnes-années) Langworthy 2024.
2. Reconnaître, et ne pas confondre
Drapeaux rouges
Les drapeaux rouges qui suivent proviennent d'une revue narrative sur la douleur chronique du genou, construite à partir d'une recherche de littérature et d'une méthode Delphi modifiée pour les recommandations interventionnelles Vanneste 2024.
- Fièvre, antécédent de traumatisme, ostéoporose, cancer, thrombose veineuse profonde ou artériopathie périphérique. Ces signes doivent faire évoquer un diagnostic différentiel grave et nécessitent des investigations complémentaires et une imagerie Vanneste 2024.
- Douleurs articulaires multiples, raideur matinale de plus de 30 minutes et symptômes systémiques associés. Explication générale Des symptômes systémiques sont des signes généraux, ressentis dans tout le corps, comme une fatigue importante ou des sueurs, qui ne sont pas spécifiques à l'articulation du genou. Un tel tableau, alors que les critères diagnostiques cliniques de la gonarthrose retiennent une raideur matinale de moins de 30 minutes Vanneste 2024, doit faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde ou une autre arthropathie inflammatoire et justifie une consultation de rhumatologie Vanneste 2024.
- Douleur, gonflement ou chaleur du genou apparaissant après une infiltration intra-articulaire ou toute autre procédure articulaire invasive. Explication générale Ce contexte doit faire craindre une arthrite septique, c'est-à-dire une infection de l'articulation, qui associe le plus souvent une douleur intense, un gonflement et une chaleur locale marqués, avec ou sans fièvre. Le dossier ne précise pas la conduite à tenir spécifique à ce drapeau rouge : donnée non disponible dans les sources.
Ne pas confondre
Les diagnostics différentiels ci-dessous proviennent de la même revue narrative sur la douleur chronique du genou Vanneste 2024 et d'une enquête en ligne menée auprès de 127 cliniciens dans le cadre de l'initiative de classification OARSI pour la gonarthrose précoce symptomatique Hawker 2025.
| Pathologie voisine | Ce qui la distingue à l'interrogatoire et à l'examen | Le signe ou test qui tranche |
|---|---|---|
| Kyste poplité (kyste de Baker) | Inconfort localisé au niveau du creux poplité | Palpation du creux poplité Vanneste 2024 |
| Syndrome de la bandelette ilio-tibiale | Douleur au passage de la bandelette ilio-tibiale sur le compartiment latéral du genou, surtout chez le coureur | donnée non disponible dans les sources Vanneste 2024 |
| Douleur radiculaire lombaire (L3 à S2) | Douleur référée au genou (antérieure pour une origine L3-L5, postérieure pour une origine S1-S2), sans atteinte articulaire propre du genou | Réflexe rotulien et test d'étirement fémoral, pour vérifier l'intégrité de L3-L4 Vanneste 2024 |
| Lésion méniscale | Fait partie des trois diagnostics différentiels les plus considérés face à une gonarthrose précoce, quel que soit le tableau clinique présenté | donnée non disponible dans les sources Hawker 2025 |
| Arthrite inflammatoire à médiation immunitaire ou microcristalline | Évoquée en priorité devant un patient de 40 ans présentant une raideur et un gonflement du genou depuis 1 mois | donnée non disponible dans les sources Hawker 2025 |
| Syndrome fémoro-patellaire | Évoqué en priorité devant un patient de 50 ans présentant une gêne du genou à la marche depuis 8 mois | donnée non disponible dans les sources Hawker 2025 |
| Lésion du ligament collatéral | Évoquée en priorité devant un patient de 60 ans présentant une gêne intense du genou apparue une semaine plus tôt en sortant d'une voiture | donnée non disponible dans les sources Hawker 2025 |
Quand adresser
Le dossier ne fournit pas de seuil chiffré précis (durée d'essai du traitement conservateur, score de douleur ou de fonction) qui déclencherait automatiquement un adressage : donnée non disponible dans les sources sur ce point précis. Il donne cependant plusieurs repères qualitatifs.
- Lorsque les mesures conservatrices échouent à soulager la douleur de façon satisfaisante, une approche multidisciplinaire est recommandée, associant thérapie psychologique, traitements intégratifs et options procédurales telles que les infiltrations intra-articulaires, l'ablation par radiofréquence des nerfs géniculés ou la chirurgie Vanneste 2024.
- Chez les patients dont les symptômes sont avancés, une revue narrative parue dans JAMA indique que l'arthroplastie totale apporte un soulagement efficace de la douleur Katz 2021.
- Une revue narrative sur les traitements chirurgicaux de l'arthrose précise que l'arthroplastie totale de genou (et de hanche) compte parmi les interventions chirurgicales les plus réussies de la médecine en cas d'arthrose sévère, avec un soulagement considérable de la douleur, une restauration fonctionnelle et une amélioration de la qualité de vie Madry 2022.
- Un chapitre de manuel (StatPearls) précise que, chez un patient plus jeune qui souhaite retarder une prothèse totale de genou, l'ostéotomie tibiale de valgisation peut retarder le besoin d'arthroplastie jusqu'à 10 ans Hsu 2026 ; cette option chirurgicale relève d'un avis chirurgical orthopédique.
- Les drapeaux rouges décrits plus haut (fièvre, antécédent de traumatisme, ostéoporose, cancer, thrombose veineuse profonde, artériopathie périphérique, ou tableau évoquant une arthropathie inflammatoire) justifient à eux seuls des investigations complémentaires, une imagerie ou une consultation de rhumatologie, sans attendre l'échec d'un traitement conservateur Vanneste 2024.
3. Examiner
Un examen physique complet du genou gonarthrosique suit un déroulé classique. L'interrogatoire recherche les caractéristiques de la douleur et une raideur matinale de moins de 30 minutes, éléments qui entrent dans les critères diagnostiques de la gonarthrose Vanneste 2024, ainsi que des drapeaux rouges : des douleurs articulaires multiples avec une raideur matinale de plus de 30 minutes et des symptômes systémiques doivent faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde ou une autre arthropathie inflammatoire et conduire à un avis rhumatologique, tandis qu'une fièvre, un traumatisme, une ostéoporose, un cancer, une thrombose veineuse profonde ou une artériopathie périphérique imposent des investigations complémentaires et une imagerie Vanneste 2024. L'inspection recherche un gonflement du genou, signe possible d'un épanchement Elsawy 2023, et un désalignement en genu varum ou en genu valgum Liang 2025. La palpation, genou fléchi, recherche une hypertrophie osseuse (élargissement palpable du contour articulaire), des crépitements et une sensibilité le long de l'interligne articulaire, de la rotule, des condyles fémoraux et tibiaux, de la tête fibulaire et de la tubérosité tibiale, puis un épanchement en extension maximale Vanneste 2024. Des tests spécifiques, comme la compression ou le rabotage rotulien, complètent cet examen à la recherche d'une souffrance fémoro-patellaire associée Hsu 2026Deng 2023. Lorsqu'un doute persiste sur un épanchement, l'échographie sert de référence pour le confirmer Elsawy 2023. Une radiographie du genou en charge complète l'examen clinique pour grader la sévérité structurale de l'arthrose, notamment selon la classification de Kellgren-Lawrence Hsu 2026Vanneste 2024.
Critères ACR (histoire et examen clinique seuls)
- À quoi il sert : l'American College of Rheumatology (ACR) a établi des critères combinant la douleur et des signes de l'examen physique pour poser le diagnostic de gonarthrose sans recourir à un examen complémentaire ; une revue narrative centrée sur la douleur chronique du genou détaille ces critères Vanneste 2024 et un autre chapitre de revue narrative les reprend comme référence pour le diagnostic de l'arthrose idiopathique du genou Langworthy 2024.
- Position et geste : il s'agit d'un ensemble de critères recueillis à l'interrogatoire et à l'examen clinique, non d'un geste isolé — douleur chronique du genou associée à au moins trois des six éléments suivants : âge supérieur à 50 ans, raideur matinale de moins de 30 minutes, crépitements perçus à la mobilisation du genou (bruit ou sensation de frottement pendant le mouvement de l'articulation), sensibilité osseuse à la palpation, hypertrophie osseuse (élargissement palpable du contour osseux de l'articulation) et absence de chaleur synoviale palpable Vanneste 2024Langworthy 2024.
- Positif si : au moins 3 des 6 critères cliniques sont présents, en plus de la douleur chronique du genou Vanneste 2024.
- Ce que vaut le test : un résultat positif capte la quasi-totalité des patients réellement atteints de gonarthrose, mais laisse passer un nombre non négligeable de faux positifs, c'est-à-dire de personnes classées « positives » sans être arthrosiques. Une revue narrative rapporte pour cette version des critères une sensibilité de 95 % et une spécificité de 69 % Vanneste 2024.
Critères ACR (histoire, examen clinique et radiographie)
- À quoi il sert : cette version des critères ACR ajoute la radiographie du genou à l'interrogatoire et à l'examen clinique pour affiner le diagnostic de gonarthrose Vanneste 2024.
- Position et geste : le patient présente une douleur du genou et des ostéophytes à la radiographie (excroissances osseuses en bordure de l'articulation, témoins du remodelage osseux arthrosique), associés à au moins un des critères suivants recueillis à l'interrogatoire et à l'examen : âge supérieur à 50 ans, raideur matinale de moins de 30 minutes, crépitements à la mobilisation Vanneste 2024.
- Positif si : présence conjointe de la douleur, des ostéophytes radiographiques et d'au moins un critère clinique associé Vanneste 2024.
- Ce que vaut le test : l'ajout de la radiographie rend le diagnostic plus spécifique, avec moins de faux positifs, au prix d'une sensibilité légèrement inférieure à celle des critères cliniques seuls. La même revue rapporte une sensibilité de 91 % et une spécificité de 86 % pour cette version Vanneste 2024.
Critères ACR (histoire, examen clinique et biologie)
- À quoi il sert : cette troisième version des critères ACR s'appuie sur des examens biologiques en complément de l'interrogatoire et de l'examen clinique pour diagnostiquer la gonarthrose Vanneste 2024.
- Position et geste : elle associe l'histoire et l'examen clinique à une vitesse de sédimentation inférieure à 40 mm/h (un marqueur sanguin d'inflammation), un facteur rhumatoïde inférieur à 1:40 (un anticorps recherché notamment en cas de suspicion de polyarthrite rhumatoïde) et des signes du liquide synovial compatibles avec l'arthrose Vanneste 2024.
- Positif si : donnée non disponible dans les sources pour la règle de combinaison exacte de cette version (contrairement aux deux précédentes, le dossier ne précise pas le nombre de critères requis).
- Ce que vaut le test : cette version se situe entre les deux précédentes en termes d'équilibre entre sensibilité et spécificité. Une sensibilité de 92 % et une spécificité de 75 % sont rapportées Vanneste 2024.
Palpation du genou
- À quoi il sert : la palpation du genou recherche les signes cliniques évocateurs de gonarthrose ainsi que des diagnostics différentiels des douleurs périarticulaires du genou Vanneste 2024. Une revue narrative sur l'arthrose de hanche et de genou retient en particulier l'hypertrophie osseuse comme signe d'orientation à l'examen physique Katz 2021.
- Position et geste : le genou est fléchi, puis palpé à la recherche d'une hypertrophie osseuse, de crépitements et d'une sensibilité le long de l'interligne articulaire, de la rotule, des condyles fémoraux et tibiaux, de la tête fibulaire et de la tubérosité tibiale ; la recherche d'un épanchement se fait genou en extension maximale Vanneste 2024.
- Positif si : hypertrophie osseuse, crépitements ou sensibilité retrouvés le long de ces repères anatomiques, ou épanchement mis en évidence en extension maximale Vanneste 2024 ; pour l'hypertrophie osseuse isolée, le signe est positif dès qu'elle est retrouvée au genou Katz 2021.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une sensibilité ou une spécificité chiffrée de la palpation prise isolément — les chiffres disponibles dans le dossier concernent soit les critères ACR combinés, qui intègrent certains de ces éléments palpatoires, soit les tests spécifiques à l'épanchement détaillés plus loin.
Classification radiographique de Kellgren-Lawrence (KL)
- À quoi il sert : cette classification grade la sévérité radiographique de la gonarthrose fémoro-tibiale à partir d'une radiographie du genou Vanneste 2024Langworthy 2024.
- Position et geste : Explication générale la classification se lit sur un cliché radiographique du genou et ne demande pas de geste d'examen physique particulier au-delà de la réalisation de la radiographie elle-même.
- Positif si : le grade va de 0, correspondant à l'absence d'arthrose, à IV, correspondant à une arthrose sévère Langworthy 2024 ; un grade I correspond à des anomalies radiographiques minimes, tandis qu'un grade IV associe des ostéophytes volumineux, un pincement marqué de l'interligne articulaire, une sclérose sévère de l'os sous-chondral et une déformation osseuse nette Vanneste 2024.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une sensibilité ou une spécificité de la classification elle-même. Le dossier souligne en revanche que la correspondance entre l'image radiographique et la plainte du patient reste imparfaite : jusqu'à 25 % des patients classés au grade IV, c'est-à-dire au stade radiographique le plus sévère, ne ressentent pas de douleur au genou Vanneste 2024.
Classification histopathologique OARSI
- À quoi il sert : cette classification de l'Osteoarthritis Research Society International (OARSI) grade la sévérité de l'atteinte cartilagineuse sur un prélèvement de cartilage Langworthy 2024.
- Position et geste : Explication générale elle repose sur l'analyse histologique d'un échantillon de cartilage articulaire, ce qui suppose un prélèvement chirurgical ou une analyse anatomopathologique, et non un geste d'examen clinique réalisable au cabinet.
- Positif si : les grades 1 à 3 correspondent à une absence d'érosion du collagène cartilagineux, traduisant une arthrose légère, tandis que les grades 4 à 6 traduisent une érosion partielle à complète et une déformation des surfaces articulaires, traduisant une arthrose sévère Langworthy 2024.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une valeur diagnostique chiffrée (sensibilité, spécificité) de cette classification histopathologique.
Test de compression / rabotage rotulien (patellofemoral grind test)
- À quoi il sert : ce test recherche une souffrance de l'articulation fémoro-patellaire (entre la rotule et le fémur), en orientant vers une chondromalacie ou une arthrose fémoro-patellaire associée à la gonarthrose Hsu 2026Deng 2023.
- Position et geste : le principe rapporté est de rechercher une douleur derrière la rotule pendant que le patient contracte le quadriceps, l'examinateur exerçant en parallèle une pression de la rotule contre le fémur Deng 2023. Explication générale Le dossier ne détaille pas le geste précis dans le chapitre qui nomme ce test.
- Positif si : une douleur rétro-patellaire est perçue lors de la contraction du quadriceps pendant la manœuvre de rabotage Deng 2023.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une sensibilité ou une spécificité diagnostique de ce test. Le dossier fournit en revanche une donnée pronostique différente, issue d'une étude de cohorte de l'Osteoarthritis Initiative : un rabotage fémoro-patellaire présent au départ est associé à une probabilité accrue d'aggravation de la synovite (inflammation de la membrane synoviale) à 24 mois, avec un rapport de cotes (odds ratio) de 1,44 (IC95 % 1,04 à 1,98) ; un rabotage fréquent est associé à un odds ratio de 1,71 (IC95 % 1,09 à 2,67) Deng 2023. Cette association était significative chez la femme mais pas chez l'homme dans cette même étude Deng 2023.
Inspection visuelle du gonflement du genou
- À quoi il sert : cette inspection recherche un gonflement pouvant traduire un épanchement articulaire chez le patient gonarthrosique Elsawy 2023.
- Position et geste : l'examinateur observe visuellement le genou à la recherche d'un gonflement, sans manœuvre de palpation associée Elsawy 2023.
- Positif si : un gonflement est visible à l'inspection Elsawy 2023.
- Ce que vaut le test : en mots, ce signe détecte la grande majorité des épanchements réellement présents, avec peu de faux négatifs, mais se trompe souvent en sens inverse en concluant à tort à un épanchement chez des patients qui n'en ont pas. Une étude transversale de précision diagnostique rapporte, en comparaison avec l'échographie prise comme référence, une sensibilité de 90,54 % et une spécificité de 37,14 % pour l'inspection visuelle du gonflement Elsawy 2023.
Test du choc rotulien (patellar tap test)
- À quoi il sert : ce test recherche lui aussi un épanchement du genou chez le patient gonarthrosique, par la palpation de la rotule Elsawy 2023.
- Position et geste : Explication générale le dossier nomme ce test sans en détailler le geste précis ; le principe généralement décrit est d'exercer une pression sur le récessus supra-patellaire pour chasser le liquide sous la rotule, puis d'appuyer brièvement sur la rotule à la recherche d'un choc contre le fémur sous-jacent.
- Positif si : un choc rotulien est perçu à la palpation de la rotule Elsawy 2023.
- Ce que vaut le test : comme l'inspection du gonflement, ce test détecte la plupart des épanchements réels mais produit de nombreux faux positifs. La même étude rapporte, contre l'échographie comme référence, une sensibilité de 86,49 % et une spécificité de 31,43 % Elsawy 2023.
Signe du flot (bulge sign)
- À quoi il sert : ce signe recherche également un épanchement du genou chez le patient gonarthrosique Elsawy 2023.
- Position et geste : l'examinateur réalise une manœuvre de refoulement du liquide le long du récessus supra-patellaire, puis observe le côté médial du genou Elsawy 2023.
- Positif si : un bombement réapparaît du côté médial après la manœuvre de refoulement Elsawy 2023.
- Ce que vaut le test : ce signe est plus équilibré que les deux précédents — il se trompe moins souvent en concluant à tort à un épanchement, mais laisse aussi passer davantage d'épanchements réels. Une sensibilité de 63,51 % et une spécificité de 65,71 % sont rapportées contre l'échographie comme référence Elsawy 2023.
Échographie du genou pour épanchement
- À quoi il sert : l'échographie du genou confirme la présence d'un épanchement chez le patient gonarthrosique et sert de référence pour juger la valeur des trois signes cliniques précédents Elsawy 2023.
- Position et geste : l'examinateur recherche une collection liquidienne dans le récessus supra-patellaire, repère anatomique situé au-dessus de la rotule où le liquide articulaire en excès s'accumule préférentiellement Elsawy 2023.
- Positif si : une collection liquidienne d'au moins 4 mm est visualisée dans le récessus supra-patellaire Elsawy 2023.
- Ce que vaut le test : dans cette étude, l'échographie ne laisse passer que peu d'épanchements réels et ne s'est jamais trompée en sens inverse au seuil retenu — aucun faux positif n'a été observé. Une sensibilité de 81,3 % et une spécificité de 100 % sont rapportées, l'échographie servant de test de référence dans cette étude Elsawy 2023.
Mesure de l'angle fémoro-tibial (genu varum / genu valgum)
- À quoi il sert : cette mesure diagnostique un genu varum (déviation du genou vers l'extérieur, « jambes arquées ») ou un genu valgum (déviation vers l'intérieur, genoux qui se touchent) chez le patient gonarthrosique Liang 2025.
- Position et geste : l'angle est mesuré entre l'axe sagittal du genou et l'axe du membre inférieur Liang 2025.
- Positif si : l'angle mesuré dépasse 5 degrés Liang 2025.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une sensibilité ou une spécificité de cette mesure. Le dossier rapporte en revanche qu'un genu varum est associé de façon significative à une tendinite de la patte d'oie (tendinopathie des tendons situés à la face interne du genou) chez les patients gonarthrosiques Liang 2025, et que l'alignement des membres inférieurs influence la répartition de la charge sur le genou : une rotation interne excessive du pied augmente la charge sur le compartiment médial du genou Liang 2025.
Radiographie du genou en charge (debout)
- À quoi il sert : la radiographie du genou réalisée en charge, patient debout, évalue correctement le pincement de l'interligne articulaire dans la gonarthrose, alors qu'une radiographie couchée peut le sous-estimer Hsu 2026.
- Position et geste : les incidences recommandées sont une vue de face debout, une vue de profil debout en extension et une incidence axiale de rotule ; une vue postéro-antérieure à 45° debout est parfois ajoutée Hsu 2026.
- Positif si : présence d'un pincement de l'interligne articulaire, d'une formation d'ostéophytes, d'une sclérose sous-chondrale ou de kystes sous-chondraux Hsu 2026.
- Ce que vaut le test : donnée non disponible dans les sources pour une sensibilité ou une spécificité chiffrée de la radiographie en charge. Le dossier souligne toutefois une limite importante de cet examen : la proportion de patients avec douleur du genou présentant une arthrose confirmée à la radiographie varie de 15 % à 76 %, et 15 % à 81 % des patients avec une arthrose radiographiquement confirmée ressentent une douleur — l'image radiographique et la plainte du patient ne coïncident donc souvent pas Vanneste 2024.
4. Traiter
Les interventions ci-dessous sont présentées par force de preuve décroissante. L'exercice thérapeutique et la perte de poids ouvrent la liste car ce sont les interventions les plus documentées, celles sur lesquelles convergent le plus grand nombre de revues systématiques et de méta-analyses, et celles que les recommandations des sociétés savantes soutiennent avec le plus d'unanimité. Viennent ensuite l'éducation, la thérapie manuelle et les interventions biomécaniques, puis les traitements pharmacologiques et les infiltrations intra-articulaires, dont le niveau de preuve est plus hétérogène et parfois contradictoire selon la molécule ou le produit injecté. La chirurgie ferme la liste : elle reste réservée aux formes sévères ou aux échecs du traitement conservateur bien conduit.
Exercice thérapeutique (aérobie, renforcement, neuromusculaire, aquatique)
L'exercice thérapeutique est l'intervention la plus documentée et la plus recommandée dans la gonarthrose. Les recommandations européennes EULAR pour la prise en charge non pharmacologique, fondées sur l'examen de 67 revues systématiques et 31 essais contrôlés randomisés par un groupe de travail de 25 experts, placent l'exercice (renforcement, aérobie, flexibilité ou neuromoteur) au premier rang, avec un dosage et une progression individualisés selon la fonction, les préférences du patient et les services disponibles ; l'ensemble des recommandations non pharmacologiques de ce groupe de travail, dont celle sur l'exercice, recueille un accord quasi unanime, avec un niveau d'accord moyen du groupe de travail compris entre 9,2 et 9,8 sur une échelle de 0 à 10 où 10 signifie un accord total Moseng 2024.
Explication générale Beaucoup de résultats ci-dessous sont exprimés en différence moyenne standardisée (SMD) : ce chiffre mesure l'écart entre deux groupes en unités d'écart-type plutôt que dans l'unité de mesure d'origine de chaque échelle, ce qui permet de comparer des études ayant utilisé des outils de mesure différents pour la douleur ou la fonction ; le texte qualifie chaque résultat d'effet faible, modéré ou important selon l'ampleur de cet écart. L'intervalle de confiance qui accompagne souvent ce chiffre donne la fourchette de valeurs probables si l'étude était répétée sur une population comparable : plus cette fourchette est étroite, plus l'estimation est précise, et lorsqu'elle inclut l'absence de différence entre les groupes, l'effet observé n'est pas considéré comme statistiquement démontré.
Une méta-analyse en réseau portant sur 217 essais et 15 684 participants a comparé plusieurs modalités d'exercice entre elles. L'exercice aérobie ressort comme la modalité la plus prometteuse, avec une certitude de preuve modérée : à court terme, la douleur diminue d'une SMD de 1,10 (IC95 % -1,68 à -0,52), soit un effet important ; à moyen terme, cette diminution est de 1,19 (IC95 % -1,59 à -0,79) sur la douleur et la fonction s'améliore de 1,78 (IC95 % 1,05 à 2,51), également des effets importants ; la performance de marche progresse aussi à moyen terme (SMD 0,85, IC95 % 0,55 à 1,14) et la qualité de vie à court terme (SMD 1,53, IC95 % 0,47 à 2,59). L'exercice de flexibilité montre également un bénéfice sur la douleur à long terme (SMD -0,99, IC95 % -1,63 à -0,36), mais avec une certitude de preuve plus faible que pour l'aérobie. Sur le plan de la sécurité, le risque d'événement indésirable sous exercice aérobie n'est pas statistiquement démontré supérieur au contrôle (risque relatif 2,33, IC95 % 0,73 à 7,14, un intervalle qui traverse la valeur d'absence de différence). Les auteurs concluent que l'exercice aérobie pourrait être la meilleure modalité pour améliorer la douleur, la fonction, la marche et la qualité de vie, avec une certitude de preuve modérée Yan 2025.
L'exercice en piscine constitue une alternative efficace, en particulier lorsque la mise en charge est difficile à tolérer en terre ferme. Une méta-analyse de 13 essais portant sur 883 participants montre qu'un programme aquatique de 6 à 18 semaines réduit la douleur mesurée par le score WOMAC (SMD -1,09, IC95 % -1,97 à -0,21, p = 0,02), un effet important, ainsi que la douleur mesurée par une échelle visuelle analogique (SMD -0,55, IC95 % -0,98 à -0,12, p = 0,01), un effet modéré à important. La fonction physique s'améliore aussi de façon modérée (SMD -0,57, IC95 % -1,14 à -0,01, p = 0,05) et la force musculaire d'extension du genou progresse légèrement (différence de moyenne de 2,11, IC95 % 0,02 à 4,20, p = 0,05). La capacité de marche, mesurée par le temps nécessaire pour se lever, marcher trois mètres puis revenir s'asseoir (Timed-Up-and-Go Test), s'améliore nettement, avec une réduction de 0,89 (IC95 % -1,25 à -0,53, p < 0,05). En revanche, cette méta-analyse ne retrouve pas d'amélioration significative des symptômes articulaires globaux, de la qualité de vie, de la flexibilité ni de la composition corporelle. Les auteurs concluent que la thérapie physique aquatique est une option de traitement efficace, en particulier pour les patients aux symptômes sévères, et qu'elle devrait être envisagée comme option initiale importante dans les programmes de rééducation Ma 2022. Une revue narrative antérieure confirme dans le même sens que les programmes en terre ferme et aquatiques combinant aérobie, renforcement et endurance sont sûrs et efficaces chez les patients gonarthrosiques, et que l'activité physique adaptée, même à haute intensité, ne semble ni déclencher ni aggraver la maladie Restuccia 2022.
Le renforcement musculaire mérite une attention particulière, car la faiblesse du quadriceps est une conséquence fréquente et précoce de la gonarthrose. Une méta-analyse en réseau de 12 essais (753 patients) a comparé statistiquement trois types de renforcement à une prise en charge standard : le renforcement isocinétique (une résistance qui s'adapte à la vitesse du mouvement tout au long de l'amplitude) obtient les meilleurs résultats, avec une réduction de la douleur sur échelle visuelle analogique de 1,33 point (IC95 % -1,83 à -0,83), une amélioration de la fonction WOMAC de 12,24 points (IC95 % -17,29 à -7,19) et un gain de force en extension du genou (SMD -0,44, IC95 % -0,74 à -0,14). Le renforcement isométrique (contraction sans mouvement articulaire) et isotonique (contraction avec mouvement contre une charge constante) apportent également un bénéfice sur la douleur, avec des réductions respectives de 0,74 point (IC95 % -1,37 à -0,11) et 1,31 point (IC95 % -1,90 à -0,71). Les auteurs concluent que les trois types de renforcement améliorent la douleur et la fonction par rapport à la rééducation conventionnelle, le renforcement isocinétique montrant les meilleurs résultats parmi ces modalités Jiang 2024. Une revue systématique plus ancienne confirme des effets bénéfiques sur la douleur et la force musculaire, tout en jugeant les preuves controversées pour la fonction, la performance fonctionnelle et la qualité de vie, et sans conclusion possible pour l'étirement, la pliométrie ou le travail de la proprioception isolés ; elle rapporte un dosage courant de 3 à 5 séances par semaine sur 8 à 12 semaines, chaque séance durant environ une heure Raposo 2021.
Le vélo stationnaire est une modalité aérobie spécifiquement étudiée : une méta-analyse de 11 essais (8 regroupés pour le calcul, n = 724) montre une réduction de la douleur de 12,86 points (IC95 % 6,90 à 18,81, sur une échelle non précisée dans le dossier) et une amélioration de la performance sportive de 8,06 points (IC95 % 0,92 à 15,20). La raideur (11,47 points, IC95 % 4,69 à 18,25) et la fonction (8,28 points, IC95 % 2,44 à 14,11) s'améliorent statistiquement mais sans dépasser le seuil considéré comme cliniquement important, et la qualité de vie ne varie pas significativement (0,99 point, IC95 % -4,27 à 6,25). Les auteurs concluent que le vélo stationnaire soulage la douleur et améliore la performance sportive, sans être aussi efficace pour la raideur, l'activité quotidienne et la qualité de vie Luan 2020.
Le Pilates a également été évalué chez des adultes de plus de 50 ans porteurs de pathologies musculosquelettiques chroniques dont la gonarthrose : une revue systématique de 7 études (397 participants) rapporte une réduction significative de la douleur (p ≤ 0,05) ainsi que des effets significatifs sur l'incapacité, la fonction physique et la qualité de vie chez les patients gonarthrosiques, avec une efficacité globale équivalente à celle d'autres formes d'exercice Denham-Jones 2021.
L'exercice délivré à distance représente une option pour les patients ayant un accès limité aux soins en présentiel. Une méta-analyse de 23 études (20 regroupées, n = 3824) sur des programmes d'exercice ou d'activité physique soutenus par téléphone, SMS, application mobile ou objets connectés montre une réduction de la douleur (indice g de Hedges -0,39, IC95 % -0,67 à -0,11, p < 0,001), une amélioration du niveau d'activité physique (g = 0,13, IC95 % 0,03 à 0,23, p = 0,01), de la fonction physique (g = -0,51, IC95 % -0,98 à -0,05, p = 0,03), de la qualité de vie (g = 0,25, IC95 % 0,14 à 0,36, p < 0,001) et du sentiment d'auto-efficacité pour la douleur (g = 0,72, IC95 % 0,53 à 0,91, p < 0,001), avec près de trois fois plus de chances d'amélioration globale rapportée par le patient (rapport de cotes 2,69, IC95 % 1,41 à 5,15, p < 0,001). L'auto-efficacité pour la fonction physique, en revanche, ne s'améliore pas de façon démontrée (g = 0,14, IC95 % -0,26 à 0,53, p = 0,50) Xiang 2024.
Associer exercice et éducation du patient semble apporter davantage que chacune des deux interventions prise isolément. Une méta-analyse de 20 essais (2350 participants, dont 16 études portant exclusivement sur des patients gonarthrosiques) montre que ni l'exercice seul (SMD 0,11, IC95 % -0,04 à 0,25, p = 0,20) ni l'intervention éducative seule (SMD 0,24, IC95 % -0,00 à 0,48, p = 0,05, preuve de très faible niveau) n'augmentent significativement le niveau d'activité physique par rapport à un contrôle ; en revanche, la combinaison des deux augmente significativement l'activité physique en fin de programme (SMD 0,33, IC95 % 0,04 à 0,61, p = 0,03, preuve de très faible niveau), même si ce bénéfice n'est plus démontré au suivi (SMD 0,24, IC95 % -0,02 à 0,50, p = 0,07). Cette même combinaison réduit aussi la douleur (SMD -0,15, IC95 % -0,29 à -0,02, p = 0,03, preuve de faible niveau). Le dosage rapporté associe un renforcement musculaire en groupe à un programme éducatif, à raison de 2 à 4 séries de 8 à 12 répétitions à 60-70 % d'une répétition maximale Sasaki 2022.
Sur la progression structurale de la maladie, le dossier est rassurant : l'exercice en terre ferme ne provoque pas de préjudice supplémentaire ni d'accélération de la progression de la maladie selon une revue narrative synthétisant une méta-analyse Cochrane, et l'activité physique n'a pas d'effet significatif sur la progression structurale radiographique, avec un effet protecteur possible chez les patients sédentaires Vanneste 2024. Un chapitre de manuel StatPearls souligne toutefois que les bénéfices de l'exercice se perdent après 6 mois d'arrêt du programme, ce qui justifie un maintien à long terme de l'activité Hsu 2026. Enfin, une analyse pharmacodynamique portant sur 186 essais et 12 735 participants (genou, hanche, main) identifie les patients gonarthrosiques, en particulier les femmes, les patients plus jeunes, obèses ou aux symptômes initiaux plus sévères, comme bénéficiant davantage du traitement par l'exercice que les autres profils Han 2024.
Le dosage pratique de l'exercice thérapeutique peut se résumer ainsi, selon une revue narrative de rééducation intégrant exercice, nutrition et biomécanique : le renforcement musculaire est proposé 2 à 3 jours non consécutifs par semaine, en démarrant à une charge d'environ 10 % d'une répétition maximale (1RM) et en progressant jusqu'à 40-60 % du 1RM ou selon la tolérance à la douleur, à raison de 15 à 20 répétitions en intensité légère ou 10 à 15 répétitions en intensité modérée ; l'exercice aérobie à faible impact (marche, vélo, natation) est recommandé au moins 3 jours par semaine, pour un total d'au moins 150 minutes hebdomadaires d'intensité modérée, en débutant par des séances de 5 à 10 minutes et en augmentant progressivement jusqu'à 20 à 30 minutes par jour, avec des contractions isométriques introduites avant l'entraînement dynamique Liu 2025.
Perte de poids et interventions diététiques
La perte de poids constitue, avec l'exercice, l'autre pilier bien soutenu de la prise en charge, en particulier chez les patients en surpoids ou obèses, l'obésité étant un facteur de risque bien identifié de gonarthrose. Une revue de rééducation intégrant nutrition et biomécanique rapporte qu'une perte de 5 à 10 % du poids corporel entraîne une amélioration cliniquement significative de la douleur et de la fonction Liu 2025. Une méta-analyse en réseau citée par les recommandations EULAR compare différentes stratégies de perte de poids sur la douleur : la chirurgie bariatrique en ressort comme l'intervention la plus efficace, suivie du régime hypocalorique combiné à l'exercice Moseng 2024. Un chapitre StatPearls situe le seuil d'indication de la perte de poids à un indice de masse corporelle supérieur à 25 chez le patient gonarthrosique symptomatique, et rapporte que les recommandations de l'American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS) soutiennent la perte de poids avec une preuve jugée modérée Hsu 2026.
La perte de poids ne doit toutefois pas être menée sans accompagnement en renforcement musculaire. Une revue narrative consacrée au lien entre obésité sarcopénique (association d'une perte de masse et de fonction musculaire avec un excès d'adiposité) et gonarthrose met en garde : un programme de perte de poids seul, chez une personne présentant une obésité sarcopénique, peut entraîner une perte substantielle de masse musculaire et exposer à un déclin fonctionnel supplémentaire, ce qui justifie d'associer systématiquement un exercice de renforcement efficace à toute stratégie de perte de poids Balogun 2024.
Des traitements pharmacologiques ciblant le poids émergent comme option complémentaire. Une revue narrative annuelle sur l'arthrose rapporte que le sémaglutide (un agoniste du récepteur du GLP-1, une hormone impliquée dans la régulation de l'appétit et de la glycémie) entraîne des réductions substantielles du poids et de la douleur chez les patients gonarthrosiques en situation d'obésité, tout en soulignant que l'efficacité globale des infiltrations intra-articulaires et des traitements pharmacologiques de l'arthrose reste par ailleurs limitée Dell'Isola 2025. Une revue narrative sur le fardeau et les traitements de la gonarthrose précise qu'une réduction de poids cliniquement pertinente, définie comme supérieure à 5 %, est obtenue chez 57,9 % des patients traités par agoniste du GLP-1 comme le sémaglutide Langworthy 2024.
Éducation, auto-gestion et thérapie manuelle
L'éducation du patient et le soutien à l'auto-gestion (self-management, c'est-à-dire la capacité du patient à gérer lui-même sa maladie au quotidien) font partie du socle non pharmacologique recommandé de façon quasi unanime par le groupe de travail EULAR, aux côtés de l'exercice, de la perte de poids, du chaussage adapté, des aides à la marche, des conseils liés au travail, des techniques de changement de comportement et d'un plan de prise en charge multicomposante individualisé ; ce socle de recommandations obtient, dans son ensemble, un niveau d'accord moyen du groupe de travail compris entre 9,2 et 9,8 sur une échelle de 0 à 10 Moseng 2024. Une revue systématique portant sur 25 guides de pratique clinique (7 de haute qualité et 18 de qualité moindre) confirme que l'éducation, comme l'exercice et la gestion du poids, est recommandée de façon cohérente par les guides de haute qualité pour la gonarthrose et la coxarthrose Gibbs 2023.
Combinée à l'exercice, l'éducation apporte un bénéfice statistiquement démontré sur l'activité physique et la douleur que ni l'exercice ni l'éducation pris isolément ne parvient à démontrer dans la même méta-analyse, comme détaillé plus haut Sasaki 2022.
Concernant la thérapie manuelle (mobilisations et manipulations articulaires réalisées par le thérapeute) ajoutée à l'exercice thérapeutique, une méta-analyse de 19 essais montre des résultats variables selon le critère de jugement et le délai considéré. À court terme, la thérapie manuelle apporte un bénéfice supplémentaire sur la douleur, mais avec une certitude de preuve très faible à modérée, tandis qu'elle n'apporte pas de bénéfice supplémentaire sur la fonction évaluée par des tests de performance ou par le patient lui-même. À moyen terme, la situation s'inverse partiellement : un bénéfice supplémentaire apparaît sur la fonction évaluée par des tests de performance et sur le score WOMAC global, avec une certitude de preuve faible à très faible, mais pas sur la douleur. À long terme enfin, aucun bénéfice supplémentaire n'est retrouvé ni sur la douleur ni sur la fonction, cette fois avec une certitude de preuve élevée. Les auteurs concluent à une certitude de preuve très faible à modérée en faveur de l'ajout de la thérapie manuelle à l'exercice pour la douleur et le score WOMAC global, mais pas pour la fonction, chez les patients gonarthrosiques ou coxarthrosiques à court terme Runge 2022. Cette évolution dans le temps n'est pas une contradiction entre études mais un même corps de preuves qui montre un bénéfice modeste et de plus en plus incertain de la thérapie manuelle au fur et à mesure que le délai s'allonge, jusqu'à disparaître à long terme avec une preuve cette fois solide de son absence d'effet supplémentaire.
Orthèses, aides à la marche et interventions biomécaniques
Plusieurs dispositifs biomécaniques visent à réduire la charge sur le compartiment articulaire douloureux ou à soulager la fonction. Une revue narrative de rééducation rapporte des effets favorables pour plusieurs d'entre eux : les semelles en coin latéral (destinées à modifier la répartition des charges sur le genou) montrent un effet modéré à important sur la douleur (SMD 0,74, IC95 % 0,06 à 1,42) ; les genouillères montrent un effet modéré sur la douleur (SMD 0,63) et sur la fonction (SMD 0,71) ; le déambulateur montre un effet important sur la douleur (SMD 1,72) et sur la fonction (SMD 1,03) ; enfin, l'usage d'une canne du côté opposé au genou atteint réduit le moment d'adduction externe du genou (une force qui tend à faire dévier le genou vers l'intérieur pendant la marche et qui est associée à la charge sur le compartiment interne) jusqu'à 10 % Liu 2025.
Les semelles orthopédiques en coin latéral illustrent bien une contradiction que le dossier ne permet pas de trancher complètement. D'un côté, la revue narrative précédente rapporte un effet favorable et statistiquement significatif sur la douleur (SMD 0,74, IC95 % 0,06 à 1,42) Liu 2025. De l'autre, une méta-analyse en réseau intégrée aux recommandations EULAR ne retrouve pas de différence entre groupes pour la douleur et la fonction avec ce même dispositif, un résultat que les auteurs jugent non soutenu Moseng 2024. Les recommandations OARSI 2019, citées dans la revue de rééducation, tranchent d'ailleurs en défaveur d'un usage systématique des semelles en coin latéral, malgré des bénéfices à court terme rapportés par certaines méta-analyses, en raison d'une preuve jugée de faible certitude Liu 2025. Le dossier ne permet donc pas de conclure avec certitude à un bénéfice généralisable des semelles en coin latéral : les résultats positifs proviennent d'analyses regroupées hétérogènes, tandis que la méta-analyse en réseau et les recommandations officielles invitent à la prudence.
Traitements pharmacologiques (AINS, paracétamol, opioïdes, duloxétine) et leurs risques
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) disposent d'un niveau de preuve solide. Un chapitre StatPearls rapporte que les recommandations de l'AAOS soutiennent les AINS avec une preuve jugée forte Hsu 2026. Une revue narrative avec approche Delphi précise leur avantage sur le paracétamol : le nombre de patients à traiter pour obtenir un bénéfice supplémentaire par rapport au paracétamol (NNT) se situe entre 4,5 et 9,8 pour les AINS topiques et oraux Vanneste 2024. Explication générale Le NNT est le nombre de patients qu'il faut traiter pour qu'un patient de plus obtienne le bénéfice recherché par rapport au comparateur ; plus ce chiffre est bas, plus le traitement est efficace. Une autre revue narrative confirme que les AINS topiques et oraux offrent une amélioration de la fonction similaire entre eux et supérieure au paracétamol, et rapporte qu'environ 60 % des patients traités par AINS topiques obtiennent une réduction d'au moins la moitié de leur douleur, un résultat comparable à celui des AINS oraux, selon une revue Cochrane Shtroblia 2025.
Le paracétamol seul montre en revanche une efficacité très limitée : une méta-analyse en réseau ne retrouve pas de différence par rapport au placebo, quelle que soit la dose, avec un écart de seulement 4 mm sur une échelle visuelle analogique de douleur allant de 0 à 100 mm, c'est-à-dire un écart sans pertinence clinique Shtroblia 2025.
La capsaïcine topique (un dérivé du piment qui désensibilise localement les récepteurs de la douleur) montre un résultat plus favorable dans un essai de 12 semaines chez 113 patients, avec une amélioration globale rapportée chez 81 % des patients du groupe capsaïcine contre 54 % dans le groupe placebo Shtroblia 2025.
Concernant les opioïdes, le dossier converge vers un bénéfice modeste assorti de risques significatifs. Le tramadol ne montre pas de bénéfice important sur la douleur liée à l'arthrose selon une revue narrative Vanneste 2024. Pour les opioïdes autres que le tramadol, une méta-analyse rapporte un effet modeste par rapport au placebo (SMD -0,28, IC95 % -0,35 à -0,20), soit une différence d'environ 0,7 cm sur une échelle de douleur de 0 à 10 cm, une différence jugée sans grande pertinence clinique. Cette même analyse retrouve davantage d'arrêts de traitement sous opioïdes (6,5 % contre 1,7 % sous comparateur) et davantage d'effets indésirables (22 % contre 15 %) Shtroblia 2025. Un signal de sécurité plus préoccupant concerne spécifiquement le tramadol : dans une cohorte appariée de 88 902 patients arthrosiques comparant tramadol et naproxène (un AINS), la mortalité à un an était plus élevée sous tramadol, avec un rapport de risque (hazard ratio) dont l'intervalle de confiance à 95 % se situait entre 1,41 et 2,07, c'est-à-dire un risque de décès au moins 40 % plus élevé sous tramadol Shtroblia 2025. Explication générale Le hazard ratio compare la vitesse de survenue d'un événement, ici le décès, entre deux groupes au cours du temps.
La duloxétine (un antidépresseur inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, utilisé aussi comme antalgique dans les douleurs chroniques) est mentionnée comme efficace sur la douleur par une revue narrative de référence, sans qu'un chiffre précis ne soit rapporté dans le dossier pour la gonarthrose spécifiquement Katz 2021.
La glucosamine et la chondroïtine, ainsi que les biothérapies ciblant le NGF ou le TNF (facteurs impliqués dans l'inflammation et la douleur), ne sont pas recommandées selon une revue narrative Vanneste 2024. Un chapitre StatPearls précise que les recommandations de l'AAOS s'opposent à l'usage de la glucosamine et de la chondroïtine avec une preuve jugée forte, aucun bénéfice n'ayant été démontré, l'effet perçu par les patients étant probablement un effet placebo Hsu 2026.
À l'inverse, un essai contrôlé contre placebo, multicentrique et en double aveugle, portant sur 62 patients, rapporte qu'un nutraceutique combinant Boswellia serrata (300 mg) et Apium graveolens, autrement dit extrait de céleri (250 mg), procure un soulagement symptomatique prolongé sur 90 jours, avec une réduction de la douleur, de la raideur et du gonflement mesurée par les scores WOMAC, l'échelle visuelle analogique et le score KOOS, sans effet indésirable rapporté sur les plans clinique, biochimique, hématologique et électrocardiographique Vaidya 2025. Ce résultat positif concerne une combinaison différente de la glucosamine et de la chondroïtine, sur la base d'un seul essai de taille modeste ; il ne permet pas de généraliser à l'ensemble des nutraceutiques, dont l'efficacité reste globalement mise en doute par le reste du dossier.
Infiltrations intra-articulaires (corticoïdes, acide hyaluronique, PRP, cellules souches)
Corticoïdes intra-articulaires. Les infiltrations de corticoïdes soulagent la douleur à court terme : une revue narrative avec approche Delphi rapporte un NNT compris entre 8 et 10 par rapport au placebo ou à l'absence d'intervention pour obtenir un bénéfice sur la douleur et la fonction Vanneste 2024, et une autre revue narrative situe la durée de ce soulagement jusqu'à 3 mois pour les formes standards Langworthy 2024. Une revue systématique de guides de pratique clinique confirme que les corticoïdes intra-articulaires au genou sont recommandés de façon cohérente par les guides de haute qualité Gibbs 2023. Cet effet ne se maintient toutefois pas dans la durée : une revue narrative rapporte l'absence d'effet analgésique retrouvé à 6 mois Vanneste 2024, et une autre revue narrative précise qu'à 1 an, les infiltrations de corticoïdes sont moins efficaces que la kinésithérapie Shtroblia 2025 ; à 6 semaines, aucune différence statistiquement significative n'est retrouvée entre corticoïdes, acide hyaluronique et kinésithérapie Vanneste 2024.
Un point de vigilance structurale existe pour les corticoïdes, mais le dossier contient deux résultats qui ne s'accordent pas totalement. D'une part, une revue narrative rapporte une diminution démontrée du volume cartilagineux en essais cliniques avec des infiltrations répétées de corticoïdes Vanneste 2024. D'autre part, un essai contrôlé contre placebo avec injections trimestrielles de triamcinolone chez 140 patients ne retrouve pas de différence statistiquement significative sur la perte d'épaisseur du cartilage entre les groupes (p = 0,14) Langworthy 2024. Le dossier ne permet pas de trancher entre ces deux résultats : ils portent sur des mesures différentes (volume cartilagineux global d'un côté, épaisseur mesurée dans un essai spécifique de l'autre) et une revue narrative précise elle-même que les observations sur ce risque reposent en partie sur des populations non représentatives des patients arthrosiques typiques et sur des études aux limites notables Langworthy 2024. Les dosages usuels rapportés sont la triamcinolone 20 à 40 mg, la prednisolone 50 mg, ou la méthylprednisolone 40 à 120 mg Vanneste 2024.
Acide hyaluronique. L'acide hyaluronique intra-articulaire (viscosupplémentation) est le traitement pour lequel le dossier rassemble les résultats les plus contradictoires. Plusieurs sources concluent à une absence de bénéfice ou à un bénéfice trop faible pour être cliniquement pertinent : une revue narrative annuelle rapporte une absence de bénéfice de la viscosupplémentation dans la gonarthrose Perruccio 2023 ; une revue narrative avec approche Delphi rapporte, pour deux méta-analyses sur l'acide hyaluronique comparé au placebo, un bénéfice faible et non cliniquement significatif accompagné d'un risque accru d'effets indésirables Vanneste 2024 ; et un chapitre StatPearls rapporte que les recommandations de l'AAOS s'opposent à l'usage de l'acide hyaluronique avec une preuve jugée forte, le traitement étant peu soutenu par la littérature Hsu 2026. À l'inverse, la même revue narrative avec approche Delphi cite une troisième méta-analyse montrant une amélioration significative jusqu'à 24 semaines Vanneste 2024, et une méta-analyse en réseau comparant l'acide hyaluronique à l'ensemble des traitements conservateurs conclut à une amélioration statistiquement significative de la douleur, l'acide hyaluronique se montrant plus efficace que tous les traitements conservateurs, y compris les corticoïdes Vanneste 2024. Une revue narrative sur le fardeau de la gonarthrose, portant sur 54 essais, décrit une cinétique d'efficacité précise : un effet dès 4 semaines, un pic d'efficacité à 8 semaines et un effet résiduel encore présent à 24 semaines Langworthy 2024. Une revue systématique de guides de pratique clinique reflète cette absence de consensus en notant que les recommandations concernant l'acide hyaluronique au genou sont moins cohérentes entre guides que pour les autres interventions, alors que l'acide hyaluronique à la hanche est recommandé contre de façon cohérente Gibbs 2023.
Le dossier ne permet pas de trancher cette contradiction de façon définitive. La revue narrative avec approche Delphi elle-même appelle à la prudence dans l'interprétation des revues systématiques sur l'acide hyaluronique, la plupart des essais inclus étant de faible qualité méthodologique, avec une forte hétérogénéité (des protocoles et des populations très différents d'une étude à l'autre) et un financement par l'industrie fréquent, ce qui peut favoriser des résultats plus favorables Vanneste 2024. Sur la progression de la maladie en revanche, un point de convergence existe : aucune accélération de la progression structurale n'est mise en évidence avec l'acide hyaluronique en suivi à long terme Vanneste 2024.
Plasma riche en plaquettes (PRP). Le PRP (une préparation concentrée en plaquettes du sang du patient lui-même, réinjectée dans l'articulation) fait l'objet de résultats globalement plus favorables que l'acide hyaluronique dans plusieurs sources, mais avec là aussi une contradiction notable. Une revue narrative multi-articulaire fondée sur une méta-analyse de 30 essais contrôlés randomisés (3463 patients) rapporte que le PRP présente le meilleur résultat global à 12 mois sur la douleur, la raideur et la fonction, comparé aux corticoïdes, à l'acide hyaluronique et au placebo, avec une amélioration statistiquement significative des symptômes en cas de gonarthrose légère à modérée, des effets plus durables et un risque d'effets indésirables plus faible que les autres infiltrations Pretorius 2023. Une revue narrative plus récente, synthétisant 40 études de haute qualité, confirme une amélioration supérieure de la douleur et de la fonction avec le PRP pauvre en leucocytes comparé à l'acide hyaluronique et aux corticoïdes chez les patients à gonarthrose légère à modérée (grades I à III de la classification radiographique de Kellgren-Lawrence), tout en notant que les bénéfices à long terme du PRP par rapport au placebo restent incohérents au-delà de 6 à 12 mois, certains essais de haute qualité contrôlés contre placebo ne montrant pas de supériorité par rapport au sérum physiologique ; le niveau de certitude global de ces preuves est jugé modéré selon le système GRADE Glinkowski 2025. Une revue narrative avec approche Delphi confirme un PRP plus efficace que l'acide hyaluronique avec une preuve jugée modérée, et potentiellement plus efficace que les corticoïdes jusqu'à 9 mois, sans modification de la progression structurale ni augmentation de la dégénérescence à 12 mois par rapport à l'évolution attendue Vanneste 2024. Une méta-analyse de 42 essais (3660 participants) comparant directement PRP et acide hyaluronique retrouve, en faveur du PRP, un score de douleur (échelle visuelle analogique) significativement plus bas à 6 mois (p < 0,01), un score WOMAC total significativement plus bas entre 1 et 3 mois (p < 0,01), un score de douleur WOMAC significativement plus bas à 6 mois (p < 0,01) et un score de raideur WOMAC plus favorable à 1 an pour le PRP que pour l'acide hyaluronique (p < 0,01), avec un taux de satisfaction de 82 % contre 33 % dans une étude citée ; le taux d'événements indésirables est toutefois plus élevé sous PRP, à 12,86 % contre 9,27 % sous acide hyaluronique (p = 0,02) Xu 2025.
À l'inverse de tous ces résultats favorables, une revue narrative synthétisant une méta-analyse de 40 essais et 3035 patients comparant le PRP à l'acide hyaluronique, aux corticoïdes ou au sérum physiologique ne retrouve pas d'amélioration significative du PRP par rapport à ces comparateurs Shtroblia 2025. Le dossier ne permet pas de résoudre entièrement cette contradiction, mais plusieurs éléments de contexte l'expliquent en partie : les revues favorables au PRP soulignent elles-mêmes une hétérogénéité importante des préparations de PRP (teneur en plaquettes et en leucocytes, protocoles d'activation), des schémas d'injection et des durées de suivi, ce qui limite la comparabilité directe entre études Glinkowski 2025Pretorius 2023. Une revue narrative avec approche Delphi confirme cette réserve méthodologique générale, en notant une qualité de données faible et une hétérogénéité importante pour le PRP, au point qu'aucune recommandation sur la gonarthrose ne préconise actuellement son usage Vanneste 2024. Sur le nombre d'injections, un résultat contradictoire supplémentaire existe : certaines études ne retrouvent pas de différence entre injection unique et injections multiples de PRP, tandis qu'un essai contrôlé randomisé de 162 participants retrouve une amélioration significative avec des injections multiples Pretorius 2023.
Cellules souches et fraction vasculaire stromale. Un essai de phase II en triple aveugle, contrôlé contre placebo, chez 40 patients, rapporte une légère augmentation de l'épaisseur du cartilage à l'IRM, significative dans les zones tibiales médiale postérieure et médiale antérieure (p < 0,01 et p < 0,05), avec des injections de cellules stromales mésenchymateuses allogéniques dérivées du tissu adipeux Sadri 2023. Une revue systématique de guides de pratique clinique rapporte que les injections de cellules souches, à la hanche comme au genou, sont recommandées contre de façon cohérente par les guides examinés Gibbs 2023. Le dossier ne fournit pas, en dehors de cet essai de phase II centré sur l'imagerie, de synthèse chiffrée de l'efficacité clinique (douleur, fonction) des cellules souches dans la gonarthrose : donnée non disponible dans les sources sur ce point.
Une méta-analyse en réseau de 79 essais (8761 patients) comparant de nombreuses infiltrations entre elles (sérum autologue conditionné, concentré de moelle osseuse, toxine botulique, corticoïdes, acide hyaluronique, cellules souches mésenchymateuses, ozone, PRP, plasma riche en facteurs de croissance, fraction vasculaire stromale) montre que le classement du meilleur traitement change selon le délai considéré : la combinaison acide hyaluronique de haut poids moléculaire et corticoïdes obtient le meilleur score à 4-6 semaines et à 3 mois, le PRP obtient le meilleur score à 6 mois, et la fraction vasculaire stromale (un dérivé du tissu adipeux riche en cellules régénératrices) obtient le meilleur score à tous les temps pour la douleur et à 12 mois pour le score WOMAC Anil 2021. Ce résultat illustre bien pourquoi la hiérarchie entre infiltrations varie selon les études du dossier : le classement dépend fortement du critère de jugement et du délai d'évaluation choisis.
Prolothérapie au dextrose. Une intervention moins courante, la prolothérapie (injections intra- et extra-articulaires de dextrose hypertonique, une solution sucrée concentrée), a été évaluée dans une revue systématique de 14 essais (936 participants, dont 11 portant sur la gonarthrose). Le dextrose surpasse le sérum salé et l'exercice sur les scores WOMAC aux semaines 9, 24 et 52 (p < 0,05), avec par exemple, à 52 semaines, une différence de -9,65 points sur le score WOMAC (IC95 % -17,77 à -1,53, p = 0,020) et de -10,98 points sur la douleur mesurée par échelle visuelle analogique (IC95 % -21,36 à -0,61, p = 0,038) par rapport au sérum salé. Ce même traitement se montre en revanche inférieur à l'acide hyaluronique sur la douleur (p = 0,02) et sur le score WOMAC (p < 0,001) chez des patients à gonarthrose de grade II ou plus, ainsi qu'inférieur au sérum autologue conditionné et au PRP. Les auteurs concluent que si la prolothérapie au dextrose confère des bénéfices potentiels pour la douleur et la fonction, la variation des protocoles et un risque élevé de biais rendent difficile la consolidation de son bénéfice thérapeutique Waluyo 2023.
Thérapie génique (option émergente). Un essai clinique de phase 1, ouvert, chez 9 patients, a évalué une thérapie génique intra-articulaire délivrant un gène codant pour l'IL-1Ra (un antagoniste naturel de l'interleukine-1, une cytokine impliquée dans la dégradation du cartilage). Aucun effet indésirable grave lié au traitement n'a été rapporté sur un an de suivi, et une amélioration des scores de douleur et de fonction a été observée par rapport au niveau initial. Il s'agit d'une option expérimentale, hors du champ direct de la kinésithérapie, dont l'évaluation clinique doit se poursuivre De la Vega 2025.
Autres modalités (acupuncture, ondes de choc, laser, ultrasons thérapeutiques, radiofréquence des nerfs géniculés, nutraceutiques)
Acupuncture. Une méta-analyse en réseau de 80 essais (9933 participants) montre que l'acupuncture réduit la douleur par rapport à l'acupuncture simulée (SMD -0,74, IC95 % -1,08 à -0,39), par rapport aux AINS (SMD -0,86, IC95 % -1,26 à -0,46) et par rapport aux soins usuels ou à une liste d'attente (SMD -1,01, IC95 % -1,47 à -0,54). Comparée à une infiltration intra-articulaire, aucune différence significative n'est retrouvée (SMD 0,29, IC95 % -0,73 à 1,32). L'électroacupuncture se montre plus efficace que l'acupuncture manuelle sur la douleur (SMD -0,75, IC95 % -1,34 à -0,17). Sur le plan de la sécurité en revanche, les événements indésirables graves sont plus fréquents sous acupuncture que sous acupuncture simulée (risque relatif 2,13, IC95 % 1,16 à 3,92, soit 6,59 % contre 3,07 % des patients). Les auteurs concluent que l'acupuncture pourrait avoir des effets cliniquement importants sur la douleur et la fonction physique, mais avec une certitude de preuve très faible Liu 2024.
Une seconde méta-analyse, portant sur 10 essais (3221 participants) et centrée sur la durée des effets de l'acupuncture, confirme un bénéfice sur la douleur mesurée par le score WOMAC en fin de traitement par rapport à l'acupuncture simulée (SMD -0,38, IC95 % -0,66 à -0,10), sur la fonction WOMAC à 4,5 mois (SMD -0,30, IC95 % -0,49 à -0,11, p < 0,05) et sur la douleur à 5 mois par rapport aux soins usuels (SMD -0,44, IC95 % -0,60 à -0,28, p < 0,05). La puncture sèche (dry needling, une technique proche mais visant spécifiquement les points myofasciaux douloureux) montre des améliorations significatives et cliniquement importantes de la douleur et de la fonction jusqu'à 6 mois par rapport au diclofénac (un AINS, p < 0,05). En revanche, ajoutée à une kinésithérapie déjà fondée sur l'exercice, l'acupuncture n'apporte aucune supériorité par rapport à une acupuncture simulée associée à la même kinésithérapie, et ce jusqu'à 11,25 mois après la fin du traitement ; les événements indésirables ne sont par ailleurs pas plus fréquents sous acupuncture (rapport de cotes 0,98, IC95 % 0,76 à 1,26, p = 0,88) Chen 2024. Ces deux méta-analyses ne se contredisent pas : elles montrent ensemble que l'acupuncture est utile face à des comparateurs passifs ou pharmacologiques, mais qu'elle n'ajoute rien de démontré lorsqu'un programme d'exercice actif est déjà en place — une nuance importante plutôt qu'une contradiction franche.
Ultrasons thérapeutiques. Une méta-analyse de 5 essais contrôlés randomisés (234 à 264 patients selon l'analyse) montre qu'un programme d'ultrasons thérapeutiques (continus ou pulsés) de 2 à 8 semaines améliore la douleur d'environ 9,6 % sur une échelle visuelle analogique de 0 à 100 (IC95 % 2 à 17,4 %) et la fonction auto-rapportée d'environ 12,8 % sur la même échelle (IC95 % 0,4 à 25,2 %). Le test de marche de 6 minutes s'améliore également de façon significative, mais pas le temps nécessaire pour parcourir 20 ou 50 mètres, ni la qualité de vie, ni le volume de cartilage mesuré. Aucun événement indésirable n'a été rapporté. Les auteurs, qui jugent la qualité méthodologique globale des essais inclus modérée à très faible en raison du faible nombre d'études et de leurs petits échantillons, concluent que l'ultrasonothérapie est une option non pharmacologique sûre pouvant apporter un soulagement supplémentaire de la douleur et une amélioration fonctionnelle en thérapie adjuvante Dantas 2021.
Laser thérapeutique. Une méta-analyse de 10 études compare le laser de faible intensité et le laser de haute intensité, tous deux associés à un exercice de rééducation, à un exercice seul avec ou sans laser placebo. Toutes les modalités de traitement se montrent efficaces sur les symptômes de la gonarthrose, et le laser de haute intensité associé à l'exercice apporte des améliorations significatives de la douleur, de la raideur et de la fonction du genou. Les auteurs concluent que les deux formes de laser sont bénéfiques en complément de l'exercice de rééducation Ahmad 2021.
Radiofréquence des nerfs géniculés. Cette technique (une ablation par la chaleur des petits nerfs sensitifs qui innervent l'articulation du genou, les nerfs géniculés) montre un taux de réussite à 6 mois compris entre 30 % et 74 % des patients selon une revue narrative Vanneste 2024, une fourchette large qui traduit une hétérogénéité importante entre les études sources. Comparée aux infiltrations, cette même revue rapporte des résultats qui ne s'accordent pas selon la revue considérée : une revue estime la probabilité de bénéfice de la radiofréquence 4,5 fois plus élevée que celle des corticoïdes et 1,8 fois plus élevée que celle de l'acide hyaluronique, tandis qu'une autre revue ne retrouve pas de différence significative entre la radiofréquence, les infiltrations classiques et l'embolisation de l'artère géniculée (une technique consistant à obstruer de petits vaisseaux sanguins de l'articulation) Vanneste 2024. Le dossier ne permet pas de trancher entre ces deux estimations contradictoires de l'efficacité relative de la radiofréquence par rapport aux infiltrations.
Chirurgie (arthroplastie, ostéotomie) en dernier recours
La chirurgie reste réservée aux formes sévères ou aux échecs du traitement conservateur. Une revue narrative sur la chirurgie de l'arthrose rapporte que l'arthroplastie totale procure un soulagement considérable de la douleur, une restauration fonctionnelle et une amélioration de la qualité de vie chez les patients présentant une arthrose sévère de hanche ou de genou Madry 2022, un constat que partage une revue narrative de référence sur le diagnostic et le traitement de l'arthrose, qui décrit un soulagement efficace de la douleur par l'arthroplastie totale chez les patients aux symptômes avancés Katz 2021. Une revue narrative centrée sur la gonarthrose rappelle l'ampleur du recours à cette chirurgie : environ 50 % des personnes ayant reçu un premier diagnostic de gonarthrose symptomatique finiront par bénéficier d'une prothèse totale de genou, qui représente le poste de coût médical direct le plus élevé de cette pathologie ; entre 10 % et 35 % des patients opérés gardent toutefois une douleur persistante après l'intervention, avec un impact élevé chez 15 % d'entre eux Vanneste 2024. Une revue narrative sur le fardeau de la gonarthrose souligne, à partir de ce constat, l'importance de bien intégrer les options de prise en charge non chirurgicale dans le parcours de soin des patients qui souhaitent ou doivent retarder la chirurgie, en particulier parce que la prothèse totale de genou pose des difficultés spécifiques chez les patients jeunes Langworthy 2024.
L'ostéotomie tibiale de valgisation (une intervention qui modifie l'axe du tibia pour décharger le compartiment articulaire le plus atteint) est présentée comme une option intermédiaire chez des patients plus jeunes ou moins sévèrement atteints : un chapitre StatPearls rapporte qu'elle retarde le besoin d'arthroplastie jusqu'à 10 ans Hsu 2026. La revue narrative sur la chirurgie de l'arthrose nuance toutefois cette option en notant que les techniques visant à retarder l'arthrose, comme les ostéotomies ou la réparation cartilagineuse, sont moins pratiquées que l'arthroplastie et disposent de preuves scientifiques nettement plus limitées quant à leur capacité à réduire le risque à long terme de progression de la maladie Madry 2022.
Enfin, une revue systématique de guides de pratique clinique rapporte que l'arthroscopie (une chirurgie mini-invasive par petites incisions, utilisée notamment pour des gestes de nettoyage articulaire) est recommandée contre de façon cohérente par les guides de haute qualité examinés. Le dossier ne précise en revanche pas la position de ces mêmes guides sur l'arthroplastie elle-même : celle-ci figure parmi les interventions passées en revue par cette source, mais sans qu'un résultat de synthèse propre à l'arthroplastie y soit rapporté Gibbs 2023.
5. Doser
Dosage de l'exercice aérobie
L'exercice aérobie à faible impact — marche, vélo, natation — est le type d'exercice pour lequel le dossier donne le dosage le plus détaillé. Une revue narrative consacrée à la rééducation de la gonarthrose rapporte une fréquence d'au moins 3 jours par semaine, pour un volume total d'au moins 150 minutes par semaine d'activité d'intensité modérée ; le dossier ne précise pas comment répartir ce volume entre les jours de la semaine. La progression proposée part de séances courtes de 5 à 10 minutes, augmentées progressivement jusqu'à 20 à 30 minutes par jour Liu 2025.
Une autre revue systématique, portant sur des programmes combinant Pilates, exercice aérobie et renforcement musculaire, rapporte des protocoles de 3 à 5 séances par semaine sur une durée de 8 à 12 semaines, chaque séance durant 1 heure Raposo 2021.
Les durées de programme testées dans les essais restent très variables d'une étude à l'autre : une méta-analyse sur les programmes d'exercice ou d'activité physique supportés par télésanté (téléphone, SMS, application, objets connectés) rapporte une durée de programme allant de 4 à 96 semaines Xiang 2024.
Une méta-analyse en réseau comparant six modalités d'exercice (217 essais, 15 684 participants) évalue les effets à court terme (environ 4 semaines), moyen terme (environ 12 semaines) et long terme (environ 24 semaines), et conclut avec un niveau de certitude modéré que l'exercice aérobie pourrait être la modalité la plus efficace sur la douleur, la fonction, la performance de marche et la qualité de vie Yan 2025.
Dosage du renforcement musculaire
Explication générale Trois types de contraction musculaire sont utilisés dans les protocoles de renforcement rapportés ici : la contraction isométrique, sans mouvement de l'articulation ; la contraction isotonique, où le muscle se raccourcit ou s'allonge contre une charge constante ; et la contraction isocinétique, où un appareil impose une vitesse de mouvement constante tout au long du geste.
Une revue narrative sur la rééducation de la gonarthrose propose de débuter la charge à environ 10 % d'une répétition maximale (1RM, c'est-à-dire la charge maximale qu'une personne peut soulever une seule fois) et de la faire progresser jusqu'à 40 à 60 % du 1RM, ou selon la tolérance à la douleur, à raison de 2 à 3 jours non consécutifs par semaine. Le nombre de répétitions proposé est de 15 à 20 en intensité légère ou de 10 à 15 en intensité modérée, avec au moins une série par exercice de renforcement. La progression suggérée commence par des contractions isométriques avant de passer à un entraînement dynamique Liu 2025.
Une méta-analyse d'essais contrôlés randomisés sur l'exercice et l'éducation (20 études, 2350 participants, dont 16 portant exclusivement sur la gonarthrose) décrit un protocole différent : un renforcement musculaire en groupe associé à un programme éducatif, avec 2 à 4 séries de 8 à 12 répétitions à une charge de 60 à 70 % du 1RM Sasaki 2022. Cette charge est sensiblement plus élevée que celle du début de programme rapportée par Liu, 2025 ; le dossier ne permet pas de trancher lequel de ces deux dosages est préférable, mais la différence pourrait correspondre à des stades différents de progression au sein d'un même programme plutôt qu'à des protocoles opposés.
Sur la durée des programmes de renforcement, une méta-analyse en réseau comparant renforcement isométrique, isocinétique et isotonique (12 essais, 753 patients) rapporte des durées de 3 à 8 semaines, avec un avantage pour le renforcement isocinétique sur la douleur et la fonction du genou parmi les trois modalités comparées Jiang 2024.
Dans les essais de prolothérapie au dextrose (injections intra- et extra-articulaires de dextrose hypertonique) qui utilisent l'exercice comme comparateur, le protocole d'exercice décrit associe des étirements des ischio-jambiers et du quadriceps, un renforcement isométrique du quadriceps et des extensions terminales du genou, à raison de 3 séries de 10 répétitions, au moins 3 fois par semaine Waluyo 2023.
Dosage de la perte de poids et du régime alimentaire
Une revue narrative sur la rééducation de la gonarthrose rapporte qu'une perte de 5 à 10 % du poids corporel entraîne une amélioration cliniquement significative de la douleur et de la fonction Liu 2025. Dans l'introduction d'une méta-analyse sur la thérapie physique aquatique, il est rapporté qu'une réduction de 10 % du poids corporel pourrait réduire les symptômes de l'arthrose de 28 %, soit une baisse d'un peu plus d'un quart Ma 2022.
Explication générale L'indice de masse corporelle (IMC) rapporte le poids, en kilogrammes, au carré de la taille, en mètres.
Un chapitre de manuel StatPearls situe le seuil d'indication de la perte de poids dans la gonarthrose symptomatique à un IMC supérieur à 25, sans que le dossier ne permette d'affirmer avec certitude l'effet clinique de ce seuil, celui-ci étant qualifié d'incertain dans la source Hsu 2026.
Explication générale La chirurgie bariatrique regroupe les interventions chirurgicales visant à réduire durablement le poids corporel, par restriction ou dérivation gastrique.
Une méta-analyse en réseau citée par les recommandations européennes EULAR situe la chirurgie bariatrique comme l'intervention la plus efficace sur la douleur parmi les stratégies de perte de poids, suivie du régime hypocalorique (pauvre en calories) combiné à l'exercice, sans préciser de dosage calorique ou de durée de régime Moseng 2024.
Une revue narrative sur l'obésité sarcopénique (association d'une perte de masse et de fonction musculaire avec un excès de graisse corporelle) souligne qu'un programme de perte de poids mené seul peut entraîner une perte substantielle de masse musculaire et exposer à un déclin fonctionnel supplémentaire, d'où la nécessité d'y associer un exercice de renforcement efficace, sans que la revue ne précise de dosage combiné Balogun 2024.
Dosage des interventions biomécaniques (semelles, genouillères, aides à la marche)
Explication générale La différence moyenne standardisée (SMD) est un indicateur statistique qui exprime l'ampleur d'un effet indépendamment de l'échelle de mesure utilisée : plus sa valeur absolue est élevée, plus l'effet rapporté est important.
Une revue narrative sur la rééducation de la gonarthrose rapporte l'ampleur de l'effet de plusieurs aides biomécaniques sur la douleur et la fonction :
- semelles orthopédiques en coin latéral : effet sur la douleur de SMD = 0,74 (intervalle de confiance à 95 % : 0,06 à 1,42) ;
- genouillères : effet de SMD = 0,63 sur la douleur et 0,71 sur la fonction ;
- aide à la marche de type déambulateur : effet de SMD = 1,72 sur la douleur et 1,03 sur la fonction, soit l'effet le plus important rapporté parmi ces aides.
Explication générale Le moment d'adduction externe du genou désigne la force qui tend à pousser le genou vers l'intérieur pendant la marche, chargeant davantage le compartiment interne de l'articulation.
Une canne utilisée du côté opposé au genou atteint réduit ce moment d'adduction externe jusqu'à 10 % Liu 2025.
Ces résultats favorables sur les semelles en coin latéral contrastent avec une méta-analyse en réseau citée par les recommandations EULAR 2023, qui ne retrouve pas de différence entre les semelles en coin latéral et un comparateur dans la gonarthrose, un résultat que les auteurs ne jugent pas soutenu Moseng 2024. La revue narrative sur la rééducation de la gonarthrose rapporte elle-même que les recommandations OARSI 2019 déconseillent l'usage systématique des semelles en coin latéral malgré des bénéfices à court terme rapportés par certaines méta-analyses, en raison d'un niveau de preuve jugé de faible certitude Liu 2025. Le dossier ne permet pas d'expliquer plus précisément cette contradiction au-delà de cette différence de niveau de certitude entre les études.
À titre de comparaison, pour les infiltrations intra-articulaires de corticoïdes — un traitement médical et non un acte de kinésithérapie — une revue narrative rapporte les doses les plus utilisées en pratique : triamcinolone 20 à 40 mg, prednisolone 50 mg, méthylprednisolone 40 à 120 mg Vanneste 2024.
Ce que le dossier ne permet pas de préciser
- Thérapie manuelle associée à l'exercice : le dossier rapporte un bénéfice supplémentaire possible sur la douleur à court terme, mais ne donne ni fréquence, ni nombre de séances, ni techniques précises Runge 2022 : donnée non disponible dans les sources.
- Agents électrophysiques (ultrasons, laser, stimulation nerveuse) associés à l'exercice : le dossier donne des durées totales de programme (par exemple 2 à 8 semaines pour les ultrasons) mais pas les paramètres d'application (intensité, fréquence des séances, durée par séance) : donnée non disponible dans les sources.
- Thérapie physique aquatique : le dossier donne une durée totale de programme (6 à 18 semaines) mais pas le nombre de séances par semaine ni la durée d'une séance : donnée non disponible dans les sources.
- Régime alimentaire associé à la perte de poids : le dossier donne un seuil de perte de poids corporel visé (5 à 10 %) mais pas d'apport calorique quotidien ni de composition du régime : donnée non disponible dans les sources.
- Acupuncture : le dossier rapporte des effets chiffrés sur la douleur mais pas de nombre ni de fréquence de séances standardisés : donnée non disponible dans les sources.
- Éducation du patient et auto-gestion : les recommandations EULAR citent ces interventions parmi les piliers de la prise en charge, sans préciser de nombre de séances, de durée ou de contenu détaillé Moseng 2024 : donnée non disponible dans les sources.
- Dosage global de l'exercice selon les recommandations EULAR : les recommandations elles-mêmes indiquent que le dosage et la progression de l'exercice doivent être individualisés selon la fonction physique, les préférences et les services disponibles, sans fixer de paramètres standardisés Moseng 2024.
6. Suivre
WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index)
Le WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index) est l'échelle la plus citée dans le dossier pour suivre la gonarthrose ; il s'agit d'un auto-questionnaire rempli par le patient, utilisé comme critère de jugement dans une très large majorité des essais et méta-analyses réunis ici, par exemple une méta-analyse en réseau de 217 essais et 15 684 participants comparant les modalités d'exercice Yan 2025. Il comporte plusieurs sous-scores : douleur, raideur et fonction, comme le montre une méta-analyse comparant le PRP à l'acide hyaluronique qui rapporte séparément un « score WOMAC total », un « score WOMAC douleur » et un « score WOMAC raideur » Xu 2025.
Le dossier ne fournit pas une échelle de cotation numérique unique et détaillée pour chacun de ces sous-scores : donnée non disponible dans les sources sur ce point précis, tout comme pour le seuil chiffré de changement minimal cliniquement important pour le WOMAC. Une méta-analyse sur le vélo stationnaire indique par exemple que les améliorations obtenues sur des critères proches (raideur, fonction) étaient statistiquement significatives mais jugées « non supérieures au seuil de différence minimale cliniquement importante », sans que ce seuil soit chiffré Luan 2020. Donnée non disponible dans les sources pour le chiffre exact de ce seuil.
KOOS (Knee injury and Osteoarthritis Outcome Score)
Le KOOS (Knee injury and Osteoarthritis Outcome Score) est un autre auto-questionnaire utilisé pour suivre la gonarthrose, notamment dans la même méta-analyse en réseau sur les modalités d'exercice Yan 2025. Il se décompose lui aussi en plusieurs sous-échelles : une revue systématique sur les programmes de télésanté rapporte séparément une « sous-échelle KOOS douleur », une « sous-échelle KOOS fonction » et une « sous-échelle KOOS qualité de vie » Xiang 2024.
Le dossier ne précise ni l'étendue numérique de cotation du KOOS ni un seuil de changement cliniquement significatif : donnée non disponible dans les sources sur ces deux points.
Échelle visuelle analogique et échelle numérique de la douleur (EVA/VAS, NRS)
L'échelle visuelle analogique (EVA, ou VAS pour Visual Analogue Scale) et l'échelle numérique de la douleur (NRS/NPRS) mesurent l'intensité de la douleur ressentie par le patient au moment où il répond. Le dossier montre que leur cotation varie selon les études : une méta-analyse sur l'ultrasonothérapie utilise une « échelle visuelle analogique 0-100 » Dantas 2021 ; une revue narrative sur les traitements de la douleur mentionne une « EVA 0-100 mm » pour comparer le paracétamol au placebo, et une « échelle de 0 à 10 cm » pour les opioïdes Shtroblia 2025. Le dossier ne fournit donc pas une cotation unique : elle dépend de la version choisie par chaque étude (0-10, 0-10 cm ou 0-100 mm).
Concernant un seuil de changement cliniquement significatif pour l'EVA ou le NRS, le dossier ne fournit pas de valeur chiffrée précise : donnée non disponible dans les sources.
SF-36 et SF-12 (qualité de vie liée à la santé)
Le SF-36 (Short-Form Health Survey) et sa version courte, le SF-12, sont des questionnaires génériques de qualité de vie liée à la santé. Explication générale Ces questionnaires ne sont pas spécifiques du genou et explorent plusieurs dimensions comme la douleur, la fonction physique et le vécu psychologique.
Le dossier cite ces échelles pour suivre des patients gonarthrosiques, par exemple une méta-analyse sur les effets durables de l'acupuncture, qui mentionne le SF-12 et le SF-36 sans les distinguer davantage Chen 2024. Le dossier ne précise pas l'échelle de cotation numérique détaillée de ces questionnaires, ni de résultat chiffré propre à la gonarthrose pour le SF-36 ou le SF-12, ni de seuil de changement cliniquement significatif : donnée non disponible dans les sources sur ces points.
Tests fonctionnels de mobilité et d'équilibre (Timed Up and Go, Functional Reach Test, Five Times Sit to Stand Test, Step Test, Berg Balance Scale, test de Romberg)
Une étude cas-témoins sur la gonarthrose précoce (125 patients contre 125 témoins sains) a utilisé une batterie de tests fonctionnels pour objectiver des troubles de l'équilibre, de la fonction et de la posture chez les patients gonarthrosiques par rapport à des sujets sains : le Timed Up and Go Test, le Functional Reach Test, le Five Times Sit to Stand Test, le Step Test, le test de Romberg (yeux ouverts/fermés sur plateforme de force) et la Berg Balance Scale Kostro 2024.
Explication générale Le Timed Up and Go mesure le temps mis par le patient pour se lever d'une chaise, marcher, faire demi-tour et se rasseoir, ce qui reflète sa mobilité fonctionnelle globale. Explication générale Le Functional Reach Test mesure la distance maximale que le patient peut atteindre vers l'avant en position debout sans perdre l'équilibre ni faire de pas, ce qui reflète son équilibre dynamique en position debout. Explication générale Le Five Times Sit to Stand Test mesure le temps mis par le patient pour se lever et se rasseoir plusieurs fois de suite depuis une chaise sans l'aide des mains, ce qui reflète la force des membres inférieurs et l'équilibre fonctionnel. Explication générale Le Step Test mesure la capacité du patient à poser puis retirer un pied sur une marche de façon répétée, ce qui reflète son équilibre dynamique unipodal. Explication générale La Berg Balance Scale évalue l'équilibre fonctionnel du patient par l'observation de plusieurs tâches d'équilibre statique et dynamique de la vie courante, cotées par l'examinateur selon la qualité de leur réalisation. Le test de Romberg évalue l'équilibre statique en comparant la stabilité posturale du patient yeux ouverts puis yeux fermés sur une plateforme de force Kostro 2024.
Cette étude a mis en évidence des différences statistiquement significatives entre les patients gonarthrosiques et les témoins sains sur ces mesures d'équilibre, de fonction et de posture, avec des corrélations positives entre les résultats et la durée de la maladie, l'âge et l'indice de masse corporelle Kostro 2024. Elle explique ce lien par le fait que les patients atteints de gonarthrose présentent des déficits de proprioception en plus des altérations articulaires, ce qui affecte directement leur capacité à maintenir la posture et augmente leur risque de chute Kostro 2024.
Le dossier ne précise pas comment on cote chacun de ces tests dans le détail (au-delà des principes généraux ci-dessus) ni de seuil de changement cliniquement significatif pour aucun d'entre eux : donnée non disponible dans les sources sur ces deux points, à l'exception du Timed Up and Go, pour lequel une méta-analyse sur la thérapie physique aquatique rapporte un exemple chiffré d'utilisation comme critère de jugement, sans toutefois donner de seuil de signification clinique : une réduction de 0,89 (différence moyenne, intervalle de confiance à 95 % de -1,25 à -0,53) a été observée pour le Timed-Up-and-Go Test avec la thérapie physique aquatique par rapport à l'absence de thérapie aquatique, ce qui traduit une amélioration importante de la capacité de marche Ma 2022.
Tests de marche chronométrés (test de marche de 6 minutes, test de marche de 50 pieds)
Explication générale Ce test mesure la distance que le patient parvient à parcourir en marchant le plus vite possible, sans courir, pendant une durée fixe déterminée à l'avance ; plus la distance parcourue est grande, meilleure est jugée sa capacité d'endurance à l'effort. Il est cité dans le dossier comme critère de suivi de la gonarthrose, par exemple une méta-analyse sur la thérapie physique aquatique Ma 2022. Une méta-analyse sur l'ultrasonothérapie rapporte un bénéfice significatif de ce traitement sur le test de marche de 6 minutes (2 essais contrôlés randomisés, 87 participants), mais sans donner la valeur chiffrée de l'amélioration ni de seuil de signification clinique Dantas 2021. La même étude n'a en revanche pas trouvé de bénéfice significatif de l'ultrasonothérapie sur le temps pour marcher 20 ou 50 mètres (2 essais, 147 participants) Dantas 2021.
Le dossier mentionne également, sans le détailler davantage, un test de marche de 50 pieds, associé à un test de lever de chaise (chair stand test), dans une étude de cohorte sur l'incidence de la gonarthrose radiographique Zhang 2021. Le dossier ne précise pas comment ce test est coté dans le détail ni de seuil de changement cliniquement significatif : donnée non disponible dans les sources.
Score de risque cardiovasculaire de Framingham à 10 ans
Explication générale Le score de risque de Framingham est un outil qui estime la probabilité qu'un patient présente un événement cardiovasculaire au cours des années suivantes, à partir de plusieurs facteurs de risque cliniques et biologiques.
Une étude transversale portant sur 246 patients gonarthrosiques de grade Kellgren-Lawrence II ou plus a utilisé ce score, associé au grade radiographique de Kellgren-Lawrence, pour caractériser le profil de risque cardiovasculaire de cette population Wagan 2023. Elle a trouvé que 78 % des patients gonarthrosiques présentaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire modifiable. Le dossier rapporte par ailleurs, dans cette même population totale de 246 patients (et non spécifiquement parmi les 78 % ayant déjà au moins un facteur de risque identifié), la fréquence de chaque facteur de risque cardiovasculaire pris isolément : obésité chez 45,5 %, hypertension chez 40,2 %, score de risque de Framingham intermédiaire à élevé chez 40 %, diabète chez 25 %, tabagisme chez 17 % et LDL élevé chez 8,1 % Wagan 2023. Autrement dit, dans cette population, quatre patients gonarthrosiques sur dix se situaient déjà dans une catégorie de risque cardiovasculaire à surveiller avant même de considérer leur genou, ce qui est pertinent pour le kinésithérapeute lorsqu'il prescrit un programme d'exercice.
Le dossier ne précise ni les catégories de risque ni les seuils chiffrés définissant le score de Framingham, et ne l'utilise pas ici comme outil de suivi répété dans le temps mais comme photographie du risque à un moment donné : donnée non disponible dans les sources sur ces points.
Classification radiographique de Kellgren-Lawrence
La classification de Kellgren-Lawrence (K-L) grade la sévérité radiographique de la gonarthrose fémoro-tibiale sur une échelle de 0 à IV en fonction des anomalies visibles à la radiographie : le grade I correspond à des signes radiologiques minimes, tandis que le grade IV correspond à des ostéophytes volumineux, un pincement marqué de l'interligne articulaire, une sclérose sévère et une déformation osseuse nette, selon une revue narrative sur la douleur chronique du genou Vanneste 2024. Une autre revue narrative, entièrement consacrée à la gonarthrose, la résume ainsi : grade 0 pour l'absence d'arthrose et grade 4 pour une arthrose sévère Langworthy 2024.
Ce grade radiographique ne se superpose pas parfaitement à la douleur ressentie par le patient, ce qui est important à garder en tête lorsqu'on l'utilise en suivi : la proportion de patients ayant une douleur du genou et une arthrose confirmée à la radiographie varie de 15 % à 76 % selon les études, et parmi les patients ayant une arthrose radiographiquement confirmée, 15 % à 81 % ressentent une douleur ; à l'autre extrême, jusqu'à 25 % des patients classés en grade IV de Kellgren-Lawrence ne ressentent aucune douleur au genou Vanneste 2024.
Le grade Kellgren-Lawrence initial a par ailleurs une valeur prédictive sur l'évolution radiographique : dans une étude de cohorte en population générale suivie pendant 3 ans, un grade K-L de 1 à l'inclusion multipliait par 8,527 les probabilités de progression vers une gonarthrose radiographique plus avancée, avec un intervalle de confiance à 95 % de 5,489 à 13,246 — c'est-à-dire qu'un genou déjà légèrement atteint au départ avait un risque très nettement plus élevé de s'aggraver radiographiquement sur ce suivi que ne le suggérerait le hasard Zhang 2021.
Le dossier ne précise pas de seuil de « changement minimal détectable » chiffré pour le passage d'un grade à l'autre en dehors du changement de catégorie lui-même : donnée non disponible dans les sources sur ce point.
Classification histopathologique OARSI et autres systèmes de classification structurale
La classification histopathologique OARSI grade la sévérité histologique de l'atteinte du cartilage : les grades 1 à 3 correspondent à une absence d'érosion du collagène (arthrose légère), tandis que les grades 4 à 6 correspondent à une érosion partielle à complète avec déformation des surfaces articulaires (arthrose sévère) Langworthy 2024.
Le dossier cite également d'autres systèmes de classification radiographique ou par IRM utilisés pour définir une « arthrose structurale » du genou — Ahlback, OARSI Atlas, Fairbank, Iwano, IKDC et MOAKS — dans une méta-analyse sur les facteurs de risque de gonarthrose après lésion traumatique du genou Whittaker 2022. Le dossier ne détaille pas les modalités de cotation de chacun de ces systèmes ni de seuil de changement significatif les concernant : donnée non disponible dans les sources sur ces points.
Échelles d'activité physique et d'auto-efficacité (PASE, IPAQ, SQUASH, Arthritis Self-Efficacy Scale)
Explication générale La PASE (Physical Activity Scale for the Elderly), l'IPAQ (International Physical Activity Questionnaire) et le SQUASH sont des questionnaires qui mesurent le niveau d'activité physique auto-rapporté par le patient dans sa vie quotidienne. Ils sont cités comme outils de suivi dans une méta-analyse sur l'exercice et l'éducation dans la coxarthrose et la gonarthrose Sasaki 2022.
Explication générale L'Arthritis Self-Efficacy Scale mesure la confiance que le patient a dans sa propre capacité à gérer sa douleur et sa maladie au quotidien. Une revue systématique sur les programmes d'exercice ou d'activité physique en télésanté a utilisé cette échelle séparément pour la douleur et pour la fonction physique Xiang 2024. Elle a trouvé une amélioration significative de l'auto-efficacité pour la douleur (indice g de Hedges = 0,72, intervalle de confiance à 95 % de 0,53 à 0,91, p < 0,001), c'est-à-dire que les patients suivant un programme en télésanté se sentaient nettement plus confiants dans leur capacité à gérer leur douleur, mais aucune différence significative pour l'auto-efficacité liée à la fonction physique (indice g de Hedges = 0,14, intervalle de confiance à 95 % de -0,26 à 0,53, p = 0,50) Xiang 2024.
Le dossier ne précise pas de mode de cotation détaillé pour ces échelles ni de seuil de changement cliniquement significatif : donnée non disponible dans les sources sur ces points.
Autres échelles et scores cités dans les sources sans détail de cotation
Le dossier mentionne, sans en préciser ni le contenu, ni la cotation, ni un seuil de changement significatif, plusieurs autres outils utilisés ponctuellement comme critères de jugement dans des études sur la gonarthrose : le score de Lysholm et le score HSS, utilisés respectivement dans une revue narrative sur les traitements de la douleur Shtroblia 2025 et une étude transversale sur l'instabilité du genou en analyse de la marche Gu 2022 ; l'index de Lequesne, cité dans une méta-analyse sur l'acupuncture Liu 2024 et une méta-analyse comparant PRP et acide hyaluronique, où figurent aussi un score IKDC, un score KOOS et une échelle EQ-VAS Xu 2025 ; le HOOS et le « Japanese Knee Osteoarthritis Measure », cités dans la même méta-analyse que la PASE et l'IPAQ Sasaki 2022 ; le HAQ-DI et l'amplitude articulaire (ROM), cités dans une revue systématique sur la prolothérapie au dextrose Waluyo 2023 ; et le FACIT-F, cité dans un essai contrôlé randomisé sur un nutraceutique associant Boswellia serrata et Apium graveolens Vaidya 2025. Donnée non disponible dans les sources pour ce que mesurent précisément ces outils, leur mode de cotation détaillé et leur seuil de changement cliniquement significatif.
Pronostic et évolution
Au-delà des échelles et scores de suivi proprement dits, le dossier réunit aussi plusieurs données chiffrées sur le pronostic et l'évolution naturelle de la gonarthrose, ainsi que sur ce qui prédit son aggravation ; cet aspect élargit légèrement le périmètre strict des outils de mesure, mais ces éléments restent utiles au kinésithérapeute pour situer le suivi d'un patient donné dans la durée. La gonarthrose est une maladie chronique et évolutive, sans traitement curatif connu à ce jour Vanneste 2024.
Sur le plan du devenir fonctionnel et chirurgical, environ 50 % des personnes ayant un premier diagnostic de gonarthrose symptomatique finiront par bénéficier d'une prothèse totale de genou, c'est-à-dire qu'un patient sur deux évoluera, à terme, vers la chirurgie Vanneste 2024. Après cette chirurgie, entre 10 % et 35 % des patients opérés gardent une douleur persistante, avec un impact élevé chez 15 % d'entre eux, ce qui signifie que l'arthroplastie ne garantit pas une disparition complète de la douleur pour tous Vanneste 2024. Selon un chapitre de synthèse StatPearls, une ostéotomie tibiale de valgisation peut retarder le besoin d'arthroplastie jusqu'à 10 ans chez certains patients, ce qui en fait une option pour différer la chirurgie prothétique Hsu 2026. Par ailleurs, les bénéfices obtenus par un programme d'exercice supervisé associé à un programme à domicile, qui donnent les meilleurs résultats parmi les traitements non chirurgicaux de la gonarthrose, sont perdus après 6 mois d'arrêt du programme : cela signifie que le maintien des acquis dépend de la poursuite de l'activité physique dans la durée Hsu 2026.
Sur le plan de la mortalité, une revue narrative publiée dans JAMA rapporte qu'une sédentarité marquée chez les personnes arthrosiques est associée à une mortalité ajustée sur l'âge supérieure de 20 % par rapport aux personnes actives, ce qui souligne l'enjeu de maintenir l'activité physique du patient dans le suivi Katz 2021. De façon cohérente, les patients avec une gonarthrose symptomatique ou radiographique présentent une mortalité plus élevée (respectivement 15,7 et 14,1 décès pour 1000 personnes-années) que les patients sans gonarthrose ni douleur du genou (9,4 décès pour 1000 personnes-années), soit une mortalité supérieure d'environ 50 % à 67 % selon qu'on considère la gonarthrose radiographique ou symptomatique Langworthy 2024. Sur le plan de la qualité de vie, les patients gonarthrosiques perdent en moyenne 0,55 année de vie ajustée sur la qualité (QALY) par personne du fait de l'inactivité associée à la maladie, avec une perte pouvant atteindre 0,76 chez les femmes noires hispaniques, c'est-à-dire l'équivalent d'un peu plus de six mois de vie en bonne santé perdus, jusqu'à environ neuf mois pour les femmes noires hispaniques Langworthy 2024.
Plusieurs études du dossier ont cherché à identifier les facteurs qui prédisent l'apparition ou l'aggravation de la gonarthrose, exprimés en odds ratio (OR, qui indique de combien les probabilités de l'évènement sont multipliées lorsque le facteur est présent, un OR supérieur à 1 traduisant un facteur de risque et un OR inférieur à 1 un facteur protecteur) :
| Facteur | Population / contexte | OR | Intervalle de confiance à 95 % | Source |
|---|---|---|---|---|
| Âge (par année) | Cohorte de population générale suivie 3 ans | 1,079 | 1,042 à 1,117 | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 |
| Surpoids | Cohorte de population générale suivie 3 ans | 2,086 | 1,286 à 3,385 | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 |
| Sexe féminin | Cohorte de population générale suivie 3 ans | 1,756 | 1,074 à 2,877 | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 |
| Amplitude articulaire du genou (par degré, protecteur) | Cohorte de population générale suivie 3 ans | 0,952 | 0,923 à 0,983 | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 |
| Grade K-L 1 initial (progression radiographique) | Cohorte de population générale suivie 3 ans | 8,527 | 5,489 à 13,246 | Zhang, 2021, 10.1186/s13018-021-02577-1 |
| Antécédent de traumatisme du genou | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 1,37 | 1,03 à 1,82 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| IMC ≥ 24 kg/m² | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 1,30 | 1,09 à 1,56 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Sexe féminin | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 1,04 | 1,00 à 1,09 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Âge ≥ 40 ans | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 1,02 | 1,01 à 1,03 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Pratique d'exercice (protecteur) | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 0,75 | 0,62 à 0,91 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Niveau d'études secondaires (protecteur) | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 0,49 | 0,30 à 0,79 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Niveau d'études universitaires (protecteur) | Méta-analyse de cohortes et cas-témoins, 60 354 participants | 0,22 | 0,06 à 0,86 | Dong, 2023, 10.1186/s13018-023-04089-6 |
| Reconstruction du LCA + lésion cartilagineuse associée | Méta-analyse sur l'arthrose post-traumatique (consensus OPTIKNEE) | 2,31 | 1,35 à 3,94 | Whittaker, 2022, 10.1136/bjsports-2022-105496 |
| Reconstruction du LCA + méniscectomie partielle | Méta-analyse sur l'arthrose post-traumatique (consensus OPTIKNEE) | 1,87 | 1,45 à 2,42 | Whittaker, 2022, 10.1136/bjsports-2022-105496 |
| Reconstruction du LCA + méniscectomie totale médiale | Méta-analyse sur l'arthrose post-traumatique (consensus OPTIKNEE) | 3,14 | 2,20 à 4,48 | Whittaker, 2022, 10.1136/bjsports-2022-105496 |
Ainsi, par exemple, une méniscectomie totale médiale associée à une reconstruction du ligament croisé antérieur multiplie par un peu plus de 3 les probabilités de développer une arthrose structurale du genou par rapport à une reconstruction du LCA sans lésion associée, ce qui en fait l'un des facteurs les plus marqués identifiés dans le dossier Whittaker 2022. Les auteurs de cette méta-analyse soulignent cependant que la certitude de la preuve pour ces trois estimations est très faible Whittaker 2022.
Une étude cas-témoins distincte a également identifié un âge de 50 ans ou plus, un IMC de 35 ou plus et une station debout prolongée au travail comme facteurs associés à la gonarthrose en analyse de régression logistique (p < 0,05), sans toutefois fournir les odds ratios correspondants Elshaarawy 2024.
Enfin, une étude de cohorte issue de l'Osteoarthritis Initiative, avec un suivi à 24 mois, montre qu'un rabotage fémoro-patellaire initial (douleur rétro-patellaire perçue à la contraction du quadriceps lors de la manœuvre de rabotage) est associé à une aggravation de la synovite au suivi, avec un odds ratio de 1,44 (intervalle de confiance à 95 % de 1,04 à 1,98), cet odds ratio atteignant 1,71 (intervalle de confiance à 95 % de 1,09 à 2,67) lorsque ce signe est retrouvé fréquemment ; cette association n'était significative que chez les femmes Deng 2023.
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Le module en épisodes de huit minutes, une question par épisode. Voix de synthèse, texte tiré du module et vérifié. Flux du podcast pour votre application.
- 1. Genou arthrosique : ce que tu dois savoir03:33
- 2. Raideur du genou le matin : arthrose ou pas ?05:12
- 3. Une radio de genou usé fait-elle mal ?05:02
- 4. Gonarthrose : combien d'exercice, quelle charge ?04:44
- 5. Infiltration du genou : combien de temps ça tient ?04:51
- 6. Pourquoi ta fiche gonarthrose a changé ?04:28
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1. Paracétamol seul contre placebo dans la gonarthrose : que montre la méta-analyse en réseau citée ?
Réponse : B. Quelle que soit la dose, le paracétamol ne se distingue pas du placebo : 4 mm sur 100. Les AINS, topiques ou oraux, font mieux que le paracétamol, avec un NNT de 4,5 à 9,8, et bénéficient d'une preuve jugée forte. Prescription et surveillance restent médicales.
Dans le module : « un écart de seulement 4 mm sur une échelle visuelle analogique de douleur allant de 0 à 100 mm » (Shtroblia, 2025, 10.3389/fmed.2025.1523027)
2. Critères ACR cliniques (sans radio ni biologie) : devant une douleur chronique du genou, qu'est-ce qui pose le diagnostic de gonarthrose ?
Réponse : A. La version clinique des critères ACR se passe d'examen complémentaire : douleur chronique plus au moins 3 des 6 signes. La radiographie et la biologie appartiennent aux deux autres versions. Une raideur matinale > 30 minutes est au contraire un signal d'arthropathie inflammatoire.
Dans le module : « douleur chronique du genou associée à au moins 3 des 6 signes suivants » (Vanneste, 2024, 10.1111/papr.13408)
3. Ce que valent les critères ACR cliniques seuls, selon la revue citée dans le module :
Réponse : B. La version clinique capte presque tous les vrais malades (sensibilité 95 %) mais laisse passer des faux positifs (spécificité 69 %). Ajouter la radiographie monte la spécificité à 86 % pour une sensibilité de 91 % ; la version avec biologie donne 92 % et 75 %.
Dans le module : « une sensibilité de 95 % et une spécificité de 69 % » (Vanneste, 2024, 10.1111/papr.13408)
4. Douleurs articulaires multiples, raideur matinale de plus de 30 minutes et symptômes systémiques : que doit évoquer ce tableau ?
Réponse : C. La raideur de la gonarthrose dure typiquement moins de 30 minutes le matin. Une raideur prolongée avec atteinte de plusieurs articulations et signes généraux est un drapeau rouge d'arthropathie inflammatoire : consultation de rhumatologie.
Dans le module : « doit faire évoquer une polyarthrite rhumatoïde ou une autre arthropathie inflammatoire et justifie une consultation de rhumatologie » (Vanneste, 2024, 10.1111/papr.13408)
5. Patients au grade IV de Kellgren-Lawrence, le stade radiographique le plus sévère : quelle proportion ne ressent aucune douleur au genou ?
Réponse : D. L'image et la plainte ne coïncident pas : jusqu'à 25 % des grades IV n'ont pas de douleur. Le chiffre de 15 % à 81 % concerne la part des arthroses radiographiques qui sont douloureuses, toutes sévérités confondues. On traite un patient, pas une radiographie.
Dans le module : « jusqu'à 25 % des patients au grade IV de Kellgren-Lawrence ne ressentent aucune douleur au genou » (Vanneste, 2024, 10.1111/papr.13408)
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- Platelet-Rich Plasma for Knee Osteoarthritis: A Comprehensive Narrative Review of the Mechanisms, Preparation Protocols, and Clinical Evidence.Glinkowski WM, Gut G, Śladowski D · 2025 · Journal of clinical medicine
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Module rédigé par une intelligence artificielle à partir des 50 études citées ci-dessus et vérifié par un programme (références et chiffres). Chaque affirmation renvoie à sa source. 26 passage(s) marqués « Explication générale » sont des explications du rédacteur, sans chiffre, non tirées d'une étude du dossier. Définitions de méthode rédigées par l'IA pour la lecture ; elles ne viennent pas des études citées.